11.03.2009
Paradis fiscaux et délinquance financière
Les paradis fiscaux par les avantages fiscaux qu'ils procurent à leurs clients, mais aussi par le secret bancaire et l'immunité judiciaire qu'ils assurent, jouent un rôle essentiel dans la mondialisation des activités financières.
La crise financière mondiale est née aux États-Unis en 2006-2007. Assez rapidement, elle s'est complétée d'une crise bancaire et d'une crise de disponibilité des liquidités ; elle a percuté les budgets publics de nombreux États et a accru une crise économique et une crise sociale déjà bien installées. Face aux milliards de dollars, de livres sterling et d'euros ouverts soudainement aux banques pour « sauver les économies des épargnants » (sic), des responsables politiques ont utilisé le discours qu'ils tiennent après chaque catastrophe : « Plus jamais ça ! » Parmi celles et ceux qui, pendant des années, ont participé aux dérégulations et à la libéralisation totale de la finance, on a entendu des rodomontades contre les patrons voyous et aussi contre le « scandale des paradis fiscaux ». Mais aucune mesure concrète sérieuse n'a encore été prise pour venir crédibiliser ces discours.
La crise financière, ses causes directes et ses causes profondes
Les causes profondes de la crise financière et bancaire sont à trouver dans un partage de plus en plus inégalitaire des richesses qui, d'une part, accroît l'écart entre la production des biens et des services et leur consommation possible, et de l'autre génère des masses financières très mobiles avides de rendements maxima.
L'existence des paradis fiscaux soulève plusieurs types de questions distinctes :
- la concurrence fiscale
- la concurrence économique, entre entreprises issues de pays différents
- la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement d'organisations criminelles
- la stabilité du système financier international
Le rôle des paradis fiscaux et judiciaires dans la crise financière
La crise financière commencée aux États-Unis résulte tout à la fois d'un manque de transparence dans les produits financiers mis sur le marché, de l'absence d'une quelconque régulation efficace de la finance internationale, et de l'existence de masses financières énormes qui ont pu jouer de cette situation au travers d'instruments financiers complexes.
Les paradis fiscaux facilitent l'opacité dans les relations financières
Les paradis fiscaux facilitent toutes les déréglementations
Les paradis fiscaux facilitent la création et la concentration de masses financières énormes
Les paradis fiscaux facilitent la spéculation et l'instabilité financières
L'attitude de la « communauté internationale » : au mieux, des menaces, mais rien d'effectif
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10.03.2009
La Cour des comptes critique le bouclier fiscal
Bouclier fiscal, le mauvais calcul
La loi "TEPA" est devenu le symbole du mandat Sarkozy
De fait, le contexte de dépression économique a remis la loi "Tepa" en position d'accusée : son coût (9,5 milliards d'euros en 2009) a réduit les marges de manœuvre du gouvernement pour la relance. En outre les cadeaux fiscaux faits aux ménages aisés apparaissent de plus en plus inopportuns alors que la crise va laminer les couches les plus défavorisées.
La Cour des comptes dénonce un « effet d'aubaine » qui permet à certains ménages d'être exonérés, non seulement de l'impôt de solidarité sur la fortune, mais aussi de la taxe foncière et de la taxe d'habitation. Le bouclier fiscal, renforcé en 2007, limite les impôts à 50% des revenus.
Extrait du rapport : La mise en place du bouclier fiscal incite certains ménages à " réorganiser leur patrimoine et leurs revenus pour minimiser ces derniers et réduire ainsi leur plafond d'imposition directe ". Le conseil suggère à l'administration fiscale de mener une enquête sur ces pratiques. Dans certaines situations, ajoute-t-il, le bouclier fiscal permet aux contribuables d'être exonérés, non seulement de l'ISF, mais aussi d'autres impôts directs comme les taxes foncières et d'habitation. " Si de nouveaux prélèvements sur le patrimoine devaient être institués, la question du niveau du bouclier fiscal mériterait d'être posée ", propose- t-il. Le plafonnement des impôts (impôt sur le revenu, ISF, impôts locaux, prélèvements sociaux) s'établit désormais à 50 %, contre 60 % avant 2007 (hors prélèvements sociaux). Le bouclier fiscal limite, en outre, l'efficacité de l'exonération d'ISF en cas d'investissement dans les PME qui se justifie, elle, par une certaine prise de risque. Une mise en cohérence du bouclier avec ce dispositif " mériterait d'être étudiée
Alternatives économiques évalue le coût de ce jeu de massacre à 22,6 milliards pour la seule année 2007. Soit quatre fois le plan de relance présenté par le gouvernement fin 2008 (En effet, les 26 milliards annoncés ne seront que 5 à 7 effectivement dépensés en 2009, d'après le chiffrage de Jacques Généreux). L'Etat s'est donc appauvri au profit des plus riches à une période de conjoncture favorable (Rappellons-nous l'affaire de la "cagnotte" de plus de 5 milliards d'euros dégagée par le gouvernement Jospin en 1999.)
03:51 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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09.03.2009
Pouvoir d'achat + Société de consommation + Emplois
La loi LME dite Loi de Modernisation de l' Economie pour libérer nos potentiels, redonner l'envie d'entreprendre, défendre le pouvoir d'achat (Christine Lagarde)
Supermarchés: boycottons les caisses automatiques!
Les caisses automatiques pullulent dans nos supermarchés. Cette automatisation effrénée induit une diminution du personnel nécessaire et la multiplication des emplois précaires.
Dans les arguments fallacieux qui ont servi à nous vendre la Loi de Modernisation Economique ou LME il y avait, outre la baisse des prix qui pour le moment ne s'est pas réalisée, des promesses d'embauches dans la grande distribution. Le cercle vertueux devait fonctionner ainsi : baisse des prix pour les consommateurs, augmentation de la consommation, suivie bien entendu par des embauches massives. Beaucoup se sont alors élevés contre cette loi craignant que les emplois créés ne soient précaires. C'est le cas notamment de Christian Le Lann, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat de Paris. Ce dernier avait mis en garde le pouvoir politique actuel contre le risque de destruction d'emplois dans l'artisanat de bouche. « Pour chaque temps partiel créé dans la grande distribution, cinq emplois pérennes seront détruits chez les artisans », prophétisait le Président.
On s'attendait donc à du temps partiel imposé. On a eu mieux, ou plutôt pire. Bien pire avec la multiplication des caisses automatiques. D'après le magazine LSA, Carrefour devrait installer 600 caisses automatiques dans 125 hypermarchés de l'Hexagone d'ici à la fin 2009, le groupe passera même à 1200 caisses d'ici 2010.
La montée en puissance des « terribles engins... »
Chez Système U, on atteindra les 800 caisses automatiques pour l'été. 500 chez Intermarché. Quant à Auchan, aujourd'hui à la tête d'un pôle de 250 machines, il fait également état de sa volonté de faire monter en puissance ces « terribles engins... »
Le calcul est simple : plus de caisses = moins d'emplois. Et oui, dans le monde merveilleux de l'automatisation à outrance, un seul employé est nécessaire pour surveiller quatre machines. Ni vu, ni connu, les effectifs devraient donc diminuer de manière drastique dans les prochaines années... Et le temps partiel imposé deviendra le modèle social de demain. Des centres-villes qui se meurent faute de commerces de proximité, des villages qui perdent leur âme et des employés qui perdent leurs boulots.
Allez, encore un petit coup de pouce aux grandes surfaces et le cauchemar orwélien finira par devenir réalité !
vu dans « Marianne » Par Isabelle Saporta.
Le nouveau concept faire ses courses de Grandes surfaces en ligne testé en Avignon
Son principe est de permettre au client de commander depuis internet ou à l'aide d'une borne de commande disponible sur le site de retrait des marchandises. Le client sélectionne les produits et se les fait livrer dans le coffre de sa voiture
Facile et pratique: commander tranquillement chez soi puis se rendre sur le lieu pour retirer ses achats et ce en quelques minutes... La réalité fut tout autre!
La commande sur internet fut relativement simple et rapide. Globalement les articles proposés sont intéressants et variés avec, bien sur, tous les produits de la marque de l'enseigne.. Les produits non disponibles sont signalés en grisés. Le règlement se fait par carte soit sur internet soit sur une borne au magasin. Le site vous donne un numéro client et vous pouvez aller retirer vos achats deux heures après.... en principe...
J'ai passé ma commande a 15 heures en choisissant un retrait 4 heures après, c'est à dire entre 19 et 19:30. J'arrive à 19: 20, je me présente devant une borne et tape mon numéro client et là on me dit que ma commande n'est pas prête en m'invitant à me rendre à l'accueil. J'arrive à l'accueil, une petite salle bondée ou une dizaine de personnes attendent. Il y a un seule hôtesse pour gérer tous les problèmes clients. Je patiente trois quart d'heure avant qu'enfin mon tour arrive et que je puisse exposer mon problème et là on me demande d'attendre encore un peu, mon panier n'est toujours pas prêt!
Trois quart d'heures après on me livre mon panier ou il manque le tiers des produits commandés! pas disponibles!
Au final je suis restée une heure et demie à attendre mes courses avec en plus l'obligation de retourner aujourd'hui dans un autre commerce, pour racheter tous les produits manquants.
Le seul point positif fut l'accueil du personnel, hôtesse et livreur, souriants et prévenants.
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08.03.2009
Journée de la femme…8 mars
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Qui engrange des bénefs sur le dos des consommateurs ?
Ou le monde merveilleux du libéralisme.
Pendant que le montant vos factures hivernales de chauffage s'envolent, Alors qu'on nous dit et nous répète que notre économie est en crise ! Voici qu'après les bénéfices record du pétrolier « Total « c'est au tour du gazier « GDF-Suez » de se remplir les poches.
De qui se moque-t-on ?
Depuis la fusion des deux entités, les prix du pétrole (qui déterminent les tarifs du gaz) ont chuté de 70%. Cette baisse n'a toujours pas été répercutée sur les tarifs du gaz pour les particuliers. Le gouvernement a annoncé en début d'année que la prochaine réévaluation aura lieu le 1er avril (espérons qu'il ne s'agit pas d'un poisson !).
La nouvelle entité GDF SUEZ a annoncé vendredi une hausse de près de 13% de son bénéfice net, évalué pour l'exercice 2008 à 6,5 milliards d'euros. Le résultat net a lui bondi de près de 11% à 13,9 milliards d'euros. Pas mal pour une première année d'existence (le groupe est né en juillet de la fusion de GDF et Suez). Pas mal surtout en ces temps de crise. Le groupe énergétique profite en fait de la flambée des prix du gaz au cours des neuf premiers mois de l'année 2008, sans pâtir de la dégringolade des cours, indexés sur ceux du pétrole, en fin d'exercice.
Or l'indexation ne se vérifie pas dans les faits aujourd'hui: le prix du baril de pétrole a fortement baissé ces derniers mois (passant de 145 à 58 dollars le baril entre juillet et novembre), tandis que le prix du gaz a monté de 4 euros en août en moyenne sur la facture des particuliers.
Sachant que la consommation de gaz entre janvier et mars représente 45% de la facture annuelle d'un abonné chauffé au gaz, une baisse tarifaire de 20% appliquée dès janvier 2009 ferait économiser près de 100 euros en moyenne à plus de 7 millions d'abonnés, soit 700 millions d'euros de pouvoir d'achat rendus aux ménages français.
Du coup, les actionnaires se frottent les mains. GDF-Suez a décidé de leur octroyer un dividende 2,20 euros par action, en forte hausse par rapport à 2007. En tout, 74% des 6,5 milliards d'euros iront dans la poche des actionnaires. On est donc loin de la règle vertueuse des trois tiers récemment proposée par Nicolas Sarkozy, selon laquelle les bénéfices seraient partagés en trois parties égales entre l'investissement, les actionnaires et les salariés.
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07.03.2009
REFORME BALLADUR
Réforme: Balladur souhaite «un rôle bien moindre» pour les communes dans vingt ans
L'ancien Premier ministre Edouard Balladur, à la tête du comité de réforme des collectivités locales, a indiqué samedi souhaiter «un rôle bien moindre» pour les communes dans vingt ans.
«Dans vingt ans, mon souhait, c'est que notre système soit fondé sur les régions et de grandes communes, au sein desquelles les communes continueraient peut-être à exister, mais avec un rôle bien moindre, des ressources bien moindres et une quasi-tutelle de la communauté de communes dont elles feraient partie», a-t-il expliqué lors de l'émission "La Rumeur du monde" de France-Culture, le 28 février.
Edouard Balladur, qui doit remettre son rapport le 5 mars au président de la République, a souligné qu'il s'agirait dans son esprit d'une «évolution progressive» car, a-t-il dit, «il ne s'agit pas d'ajouter du mille-feuille au mille-feuille».
Dans ce rapport, dont les 20 propositions ont été mises en ligne sur le site du comité (voir nos informations en lien ci-dessous), la conclusion prévoit que, pour faire face aux critiques adressées au système français d'administration locale, il s'agit de privilégier «la constitution, à terme, de deux pôles institutionnels autour de la région et des intercommunalités, (...) dans le sens d'une réduction progressive du nombre de niveaux effectifs d'administration, d'une extension du champ d'application du suffrage universel et de la parité.»
Pour sa part, dans un communiqué publié jeudi 26 février, l'AMF a revendiqué pour la commune, le statut de seule collectivité à entretenir une «grande proximité» avec ses administrés. L'AMF souligne qu'elle «est une composante essentielle de la vitalité de notre démocratie et de la cohésion sociale.» Elle a demandé au gouvernement «d'engager immédiatement une large concertation avec les associations d'élus locaux afin de les associer aux suites qu'il envisage de donner au rapport» (voir second lien ci-dessous).
Liens complémentaires :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissio...
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06.03.2009
UNE JEUNESSE SACRIFIEE
Vu sur le blog d'Attali, un post consacré au « désespoir de la jeunesse ». très pertinent.
Il n'est pas possible de ne pas entendre le désespoir des jeunes d'aujourd'hui : Ceux qui font des études sont perdus dans la complexité des parcours, la vétusté des lieux d'enseignement, l'absence de bourses et de logements étudiants.
Ceux qui ne font plus d'étude sont soit au chômage soit trop souvent employés dans des conditions honteuses : 500.000 moins de 25 ans, (soit 20% de ceux qui sont désireux de travailler) sont au chômage, soit trois fois plus que dans les autres classes d'âge, alors que ce taux n'est que de deux fois supérieur au taux global dans le reste de l'Union Européenne.
Même les diplômés ne sont pas particulièrement protégés : combien de Bac +3, ou + 5 sont serveurs de restaurants ou vendeurs dans des grandes surfaces ? Avec, pour les plus pauvres, un chômage particulièrement long à la sortie des écoles, suivi d'une longue période, faite de stages, trop souvent sans débouché. Et, lorsqu'ils trouvent un emploi, c'est presque toujours dans des conditions particulièrement précaires, avec des contrats de courte durée, faiblement générateurs de droits en matière d'Assedic : il faut attendre aujourd'hui en moyenne 27 ans et demi pour avoir son premier contrat à durée indéterminée. Enfin, s'ils sont les derniers recrutés, les jeunes sont les premiers licenciés.
Sauf pour une minorité, enfants de professeurs, d'ingénieurs, ou de gens informés, qui, disposant des moyens de connaitre les meilleures filières, font les meilleures études et obtiennent, souvent par relation, les meilleurs emplois.
Plus généralement, pas étonnant si les jeunes voient très souvent l'avenir avec désespoir : la mondialisation les met en concurrence avec des salariés aussi bien formés qu'eux et dix fois moins chers ; la crise financière leur annonce dix ans de galère dans des emplois sous valorisés. La crise démographique leur rappelle qu'ils commenceront très tard à financer très mal une retraite très basse; la crise écologique leur laisse entendre que le monde sera de plus en plus étouffant ; la crise géopolitique, enfin, leur montre que la longue parenthèse de paix en Occident (plus de 45 ans sans guerre, même coloniale) pourrait se refermer.
Et leur désespoir grandit encore quand ils voient la génération triomphante de baby-boomers, nés pendant les Trente Glorieuses, à qui tout a souri, vivre leur retraite, plus nombreux que jamais, à leurs crochets. Quand ils comprennent que les hommes politiques de tous les partis ont servi et servent encore les intérêts de ces générations bénies des cieux ; et que les syndicats servent d'abord les intérêts de ceux qui ont un emploi, et donc pas ceux des plus jeunes. Que de talents gâchés, par une politique à si courte vue. Que richesses perdues, aujourd'hui et demain, par un tel abandon.
Le pays a pourtant tout à gagner à investir sur eux. Et pour cela, à exiger la mise en œuvre de quelques mesures simples : interdire d'employer des jeunes pendant plus de six mois sans CDI ; réduire les charges pesant sur leurs emplois ; considérer tout jeune cherchant activement un emploi comme exerçant une activité méritant rémunération ; les aider par tous les moyens à créer leur propre entreprise, à réaliser leur rêve ; et surtout, les associer dignement aux prises de décisions dans les partis, les syndicats, les associations. Si on ne le fait pas, on ne pourra pas leur en vouloir de ne pas se résigner.
Jacques Attali
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05.03.2009
Dessin de DELUCQ
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