08.06.2009
Ce qui devait arriver arriva.
L’analyse des résultats du scrutin pour le parlement européen, donne incontestablement une claque pour l’ensemble du PS, et en prime une belle déculottée pour l’équipe dirigeante gérée par le clan local niçois.
Tout cela témoigne d’un profond malaise. Est-ce si surprenant ? A la vérité et dans le prolongement des récents événements politiques nationaux et locaux, nous le pressentions. Tout d’abord nul ne peut pavoiser compte tenu du taux élevé et majoritaire de l’abstention, il convient cependant de noter que la désertion électorale a été forte chez les jeunes et dans les couches populaires, ce qui en dit long sur la désespérance des victimes de la crise. Quant au Parti socialiste, il est à genoux ; largement sanctionné par les électeurs, il paye aujourd’hui la note par son absence de crédibilité, victime de son système, de son manque de clarification idéologique et de ses pratiques internes d’un autre âge, en rupture avec ses militants, il ne fait plus rêver.
Enfermé dans des logiques d’appareils aveuglé par des esprits de boutiques suicidaires (La section de la Trinité dans ce domaine en sait quelque chose puisqu’elle a été condamnée dans un procès interne sans véritable débat contradictoire pour avoir justement osé contester cette dérive). Confronté à des guerres intestines dévastatrices (Municipales niçoises catastrophiques, congrès de Reims calamiteux, sans oublier la récente mascarade de réconciliation Ségolène-Martine).
Devenu un parti d’élus, ainsi s’est introduit insidieusement dans ses rangs une sorte de socialisme de la rente, où les notables en place et leur clans de supporters sont peu sollicités à se remettre en cause .Saura-t’il se relever ? Faute de quoi, il disparaitra du paysage électoral .Quelle tristesse pour le peuple de gauche qui croyait en lui, puisqu'il semblait rester le seul capable de nous protéger du libéralisme sauvage de nos dirigeants.
En ce qui concerne la section du PS de la Vallée du Paillon, elle poursuit sa mission de présence sur les communes de LaTRINITE, SAINT-ANDRE, CANTARON et CONTES
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14.05.2009
Une dignité bafouée
Les oubliés de la République
La discrimination ignoble des champs de bataille
80 000 « oubliés de la République » sont concernés.
Alors qu'un ancien combattant d'origine métropolitaine perçoit une pension militaire d'environ 600 euros par mois, le montant est de 150 euros pour un Sénégalais et de 80 euros pour un Marocain. Cette différence de traitement est indéfendable.
Depuis 1959, les anciens combattants issus des anciennes colonies sont victimes d'une discrimination que nous ne pouvons plus tolérer.
Au même titre que leurs frères d'armes français ils ont combattu sous nos drapeaux et y ont perdu leur vie, leur proche ou leur jeunesse.
Malgré la bravoure dont ils ont fait preuve, ils continuent à vivre ou plutôt à survivre dans l'ombre d'une histoire à laquelle ils ont pourtant contribué.
Goumiers, zouaves, tabors, tirailleurs ou spahis,
sont les "Oubliés de la République"
Pour ce combat qu'ils ont mené pour la France libre, c'est à nous désormais de mener un combat pour la justice et la dignité
Honte de découvrir, pour beaucoup d'entre eux, que ces hommes qui avaient libéré la France en 1945, dont les discours publics du 8 mai vantaient à juste titre l'héroïsme et le sacrifice, que ces hommes, parce qu'ils n'avaient pas la nationalité française avaient une pension militaire 8 fois inférieure à celle des combattants français. Et la pension des combattants français n'est pas un parachute doré c'est 600€/mois !!!
En attendant que la République les respecte et ne les traite pas en sous-hommes, eux qui avaient risqué leur vie, qui avaient perdu leurs camarades de combat durant parfois 15 ans d'engagement dans les forces françaises.
Afin de réparer pour le futur faute d'avoir pu décider dans le passé signez la pétition.
Ils venaient de Dakar, d'Abidjan ou de Conakry. Mais parce que leur premier régiment fut formé au Sénégal, on les appelait les « Sénégalais ». Ils arrivaient de l'Annam ou du Tonkin. Ou bien ils furent enrôlés au Maroc, en Algérie, en Tunisie.
Leur choix d'engagement s'était fait sous la contrainte coloniale. Ils servaient la République, mais n'en étaient pas citoyens. On leur demandait leur sang, mais pas leur vote. Sujets coloniaux, ils n'accédaient pas au titre de soldat. Ils étaient les tirailleurs, dans des régiments particuliers. Egaux, ils le furent dans la mort, mais ils ne l'étaient pas en droit.
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13.05.2009
Un enseignement à deux vitesses
Grand Corps Malade - Education Nationale
Vidéo envoyée par GrandCorpsMalade
La vidéo du titre inédit de Grand Corps Malade "Education Nationale" ! Ce titre est uniquement disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal.
L'Ecole sacrifiée : vers un système super-inégalitaire
Les promesses
« L'égalité réelle des chances, c'est d'abord par l'école qu'elle passe. » (17 décembre 2008 discours présidentiel)
« Il faut d'abord que nos enseignants exercent leur métier dans de bonnes conditions. Ils sont la clé de la réussite de tous les élèves. »
La réalité
- Avec la droite, de 2002 à 2009 le budget du ministère de l'éducation nationale, hors pensions, est passé de 44, 6 à 40,2 milliards en euros constants, soit une baisse de 9,87%.
- Le principe du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite conduit à un plan social massif. L'Éducation nationale est directement visée alors qu'elle devrait être une priorité de la nation. Les suppressions de postes vont atteindre 60 000 en six ans. En 2009, en pleine crise, la réduction prévue est de 13 500 postes.
- L'école est attaquée de tous les côtés : appauvrissement des programmes de l'école primaire, bouleversements non concertés des rythmes scolaires, réforme précipitée du lycée et de la voie professionnelle, imposition aux mairies d'un accueil des élèves en cas de grève. Ce sont autant de décisions lourdes de conséquences qui placent délibérément au second plan les besoins réels du système éducatif.
- Avec la réduction du nombre de professeurs, c'est l'encadrement des élèves qui est réduit. Résultat : les familles doivent avoir de plus en plus recours au soutien scolaire payant, ce qui renforce les inégalités. Les enfants des milieux aisés y ont accès. Pas les autres.
- La suppression de 1 500 postes d'enseignants spécialisés dans l'accompagnement et le soutien des élèves en difficulté (RASED) représente une régression très forte dans la prise en charge des élèves en grande difficulté.
- Le gouvernement a annoncé en février 2008 la création d'un fonds spécifique pour aider les écoles privées. Cela traduit la volonté du gouvernement de faciliter l'ouverture d'écoles communautaires.
- A l'inverse, le gouvernement Sarkozy-Fillon a amputé à hauteur de 15% les crédits dédiés aux associations de jeunesse et d'éducation populaire. Il a fortement diminué le soutien aux actions consacrées à la transmission des savoirs et à la démocratisation de la culture.
- Avec la suppression totale de la carte scolaire annoncée pour 2010, la mixité à l'école pourrait bientôt ne plus être qu'un souvenir. Un rapport, interdit de publication, de deux inspecteurs généraux de l'Education nationale, montre que cette suppression a renforcé la ségrégation sociale. Les meilleurs établissements ont reçu moins d'élèves provenant de milieux défavorisés et, inversement, les établissements les moins réputés se sont ghettoïsés. La politique de M.Sarkozy aboutit à mettre en place une éducation à deux vitesses : une pour les riches, une pour les autres.
Les socialistes proposent
- Contre la suppression de la carte scolaire, nous voulons une école de la mixité sociale.
- Moduler fortement le nombre d'élèves par classe en fonction des situations pour donner leur chance à tous les élèves.
- Pour relancer l'ascenseur social, entre 5 et 10% des élèves de tous les lycées doivent avoir accès aux filières d'excellence.
L'Université et la recherche au pain sec
La promesse
« L'enseignement supérieur et la recherche seront pour moi une priorité absolue. Leurs moyens seront portés au même niveau que dans les pays les plus en pointe sur le sujet » (Projet présidentiel)
La réalité
- 450 millions d'euros de crédits de la recherche et de l'enseignement supérieur ont été annulés en 2008.
- 900 postes supprimés en 2009 malgré la mobilisation du monde universitaire.
- Les projets de réforme successifs ont provoqué une mobilisation sans précédent des enseignants-chercheurs : le métier d'enseignant-chercheur est fragilisé, la loi sur les universités présidentialise le fonctionnement au mépris de l'évaluation scientifique par les pairs.
- La recherche fondamentale et pluridisciplinaire n'est décidément pas la priorité du gouvernement. L'objectif de 3% du PIB accordé à la recherche est hors d'atteinte depuis bientôt deux ans. Les suppressions d'emplois scientifiques se poursuivent tandis que la place et les missions des organismes publics sont fortement menacées.
Les socialistes proposent
- Porter à 3%du PIB en cinq ans notre financement de la recherche.
- Revaloriser le statut d'enseignant-chercheur pour pérenniser l'excellence de notre Université et de notre recherche.
- Relance la démocratisation de l'enseignement supérieur par un meilleur encadrement des étudiants et le rapprochement entre les universités et les grandes écoles.
- Abroger la loi LRU et lancer la rénovation de notre université sur la base d'une vraie concertation avec les chercheurs, les universités et les étudiants.
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12.05.2009
Vous avez dit amélioration !
La santé : payer plus pour moins se soigner
La promesse
« Je veux que nous préservions l'excellence de notre système de santé, qui est l'un des meilleurs du monde. » (Projet présidentiel)
La réalité
- Les taxes médicales (pudiquement appelées « franchises médicales » par N. Sarkozy) mettent directement en cause le principe d'une protection sociale solidaire. Elles sont inefficaces, injustes, absurdes au regard de ce que devrait être une politique de prévention et de santé publique. Elles reviennent à faire financer la prise en charge des malades les plus graves par les autres malades.
- À cette mesure, s'ajoutent les déremboursements, et l'explosion des dépassements d'honoraires (2 milliards en 2007).
- L'inégalité d'accès aux soins est telle que 15 % de la population renonce à se soigner, faute de moyens financiers, quand près de 40% retarde le moment de le faire.
- L'hôpital public est asphyxié financièrement. Près de 20 000 postes publics sont directement menacés au mépris des besoins des patients et des personnels.
Le projet de loi « Hôpital Patients Santé Territoire » propose de transformer le service public hospitalier en une entreprise comme une autre, soumise à un impératif de rendement contradictoire avec ses missions de service public.
Les socialistes proposent
- Un moratoire sur les suppressions de postes dans l'hôpital public et un plan de rattrapage pour permettre à notre hôpital de remplir ses missions de service public.
- Un plan de lutte contre les déserts médicaux pour assurer la présence des médecins sur tout le territoire, avec des mesures contraignantes.
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09.05.2009
Près de huit millions de personnes pauvres en France
Source : « Nouvelobs.com avec AP »
Environ 7,9 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté en France en 2006, soit 13,2% de la population, selon une étude de l'INSEE parue mercredi 5 mai. En 2004, rappelle l'Institut national de la statistique et des études économiques, ce taux était de 11,7%, soit près de sept millions de personnes.
L'Insee rappelle qu'en 2006, une personne vivant seule était qualifiée de pauvre quand son revenu disponible était inférieur à 880 euros par mois et à 1.320 euros pour un couple sans enfant.
Près d'un tiers des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale (30,3%) étaient confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus importante que dans l'ensemble de la population. Cela représentait plus de 1,6 million de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. A noter que les familles monoparentales sont le plus souvent constituées d'une mère et de ses enfants (85% des cas).
Un retraité sur dix en dessous du seuil de pauvreté
A l'inverse, les ménages les moins touchés par la pauvreté étaient les couples sans enfant: seuls 6,4% des personnes en couple sans enfant étaient dans ce cas.
Dans cette étude intitulée "Inégalités de niveau de vie et mesures de pauvreté en 2006", l'Insee note qu'au cours des dix dernières années, la baisse de la pauvreté a plutôt bénéficié aux familles nombreuses (couples ayant trois enfants ou plus), dont le taux de pauvreté a diminué de l'ordre de cinq points, alors que la situation des personnes seules et des familles monoparentales a peu évolué.
L'emploi reste une protection contre la pauvreté, observe aussi l'Insee. Ainsi, en 2006, 9,8% des personnes actives, au sens du Bureau international du travail (BIT), c'est-à-dire occupant un emploi ou en cherchant un, avaient un niveau inférieur au seuil de pauvreté, alors que 15% des inactifs étaient dans cette situation.
Près d'un retraité sur dix (9,6%) avait un niveau inférieur au seuil de pauvreté, ce qui représentait 1,2 million de personnes. Les taux de pauvreté des enfants et des étudiants vivant chez leurs parents étaient élevés, respectivement 17,7% et 18,2%.
Niveau de vie croissant jusqu'à la retraite
L'Insee souligne par ailleurs qu'en 2006, le niveau de vie était globalement croissant avec l'âge jusqu'à 59 ans, puis décroissant. A partir de 50 ans, la taille des ménages commence à se réduire avec le départ des enfants qui ont grandi, et le niveau de vie moyen est ainsi maximum pour la tranche d'âge 55-59 ans. Après 60 ans, le revenu est principalement composé de pensions et retraites, qui sont inférieures aux revenus d'activité de la période précédente.
Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, les générations n'ont toutefois pas toutes au même âge des niveaux de vie équivalents. Si les générations nées avant 1950 ont, à chaque âge, un niveau de vie supérieur à celui de leurs aînées, ce n'est plus le cas pour les générations suivantes.
L'Insee observe par ailleurs qu'en 2006, le niveau de vie médian, qui partage la population en deux parties égales, était de 17.600 euros, soit 1.470 euros mensuels. Le niveau de vie des 10% de personnes les plus aisées était 3,4 fois supérieur à celui des 10% des personnes les plus modestes.
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08.05.2009
Places à prendre : désinvolture et magouille
Source : le blog de Jean-Michel Aphatie le 7 mai 2009,
Salades niçoises, suite: Gaston Franco ou la parabole de la parole tenue
Je suis heureux de pouvoir écrire ici que finalement, après que chacun ait craint le pire, Gaston Franco, 65 ans aux prunes, sera bien, le 7 juin au soir, député européen pour le compte de l'UMP. Sans doute Gaston Franco se fout-il de l'Europe comme de sa première chemise, mais ce n'est pas problème. Où plus exactement, aucun parti politique en France ne sélectionne ses futurs députés européens en fonction de leur intérêt pour l'Europe, non. Esprits supérieurs que nous sommes, il nous faut d'autres motivations, nettement plus élevées. Je vous ai narré, ici, hier, l'histoire de Gaston Franco, et je vais la reprendre aujourd'hui car elle est belle l'histoire. Allez, hop, zou, on y va, et pour le même prix, revoilou la photo de Gaston
Donc, Gaston Franco était l'heureux maire de Saint-Martin-Vésubie dans les Alpes-Maritimes, ainsi que le conseiller général du canton correspondant. Comme Christian Estrosi, maire UMP de Nice et député UMP de Nice aussi, avait besoin du siège de conseiller général pour un copain, Gaston Franco a accepté de démissionner à l'hiver 2008. Hauteur d'âme, élévation d'esprit, sens du sacrifice, un homme bien, Gaston Franco. En contrepartie, parce qu'on veut bien être gentil mais pas couillon à l'UMP des Alpes-Maritimes, il a été promis à Gaston Franco deux choses. D'abord, une place au cabinet du maire de Nice. Pour y faire quoi? Je n'en sais rien, sans doute quelque chose car mon petit doigt me dit que les compétences de Gaston Franco sont grandes. Ensuite, deuxio, chose promise, chose due, une deuxième place sur la liste UMP du grand Sud-Est pour les élections européennes du 7 juin 2009. Une deuxième place parce que la deuxième place sur une liste UMP, vous y mettez qui vous voulez, un porte-manteau ou un pot de fleur, zou, élu, c'est mathématique, c'est comme ça. Deuxième, t'es député. Donc, « on » a promis à Gaston Franco que sa démission du Conseil général des Alpes-Maritimes serait remboursé par un siège de député au Parlement européen. Franchement, connaissez-vous quelqu'un ou quelqu'une qui aurait refusé d'échanger son baril de lessive ordinaire contre deux barils d'Omo avec, dedans, un cadeau Bonux, des billets d'avion gratoche pour aller tantôt à Bruxelles, tantôt à Strasbourg, des indemnités de déplacement, un bon salaire, des assistants et même pas l'obligation de travailler? Donc, Gaston Franco a accepté. Tope là camarade, marché conclu, tu seras député européen mon fils.
Ce pacte passé à l'hiver dernier a failli périr avec le printemps. Une rumeur moche a indiqué que le président de la République avait haussé un sourcil en voyant le nom de Gaston Franco en deuxième position de la liste du grand Sud-Est que l'UMP entend soumettre aux électeurs. L'argument présidentiel était le suivant: comment faire des voix avec ces inconnus? L'idée a donc germé de virer Gaston Franco, adieu Bruxelles et ses moules-frites, et d'y mettre à la place Luc Ferry, philosophe et ancien ministre de l'Education. La tentation a rodé un moment, les choses ont bien failli se faire, le pauvre Gaston Franco a dû trembler durant quelques jours dans son bureau de la mairie de Saint-Martin-Vésubie (tu ne connais pas la mairie de Saint-Martin-Vésubie? La voici...)
Et puis finalement, parce que parfois les histoires finissent bien, Luc Ferry s'est retiré du jeu. Lui avait envie d'être député européen, mais il n'avait pas envie d'être parachuté dans le Sud-Est. Du coup, voie libre pour Gaston Franco, soulagement pour les amis de Gaston Franco, bonheur pour l'Europe car que voilà un futur député assidu et motivé, et surtout, surtout, triomphe de la morale dans ce monde de brute, enfin, chose promise, chose tenue, on ne plaisante pas avec la morale à l'UMP des Alpes-Maritimes, monsieur. Et ça, c'est bien.
A noter, toujours dans le Figaro, cette réaction de Jean-Claude Gaudin,
« sans lequel », assure Le Figaro, rien ne se décide dans la région. Deux points, ouvrez les guillemets « Ferry, ici, on ne le connaît pas, donc, on n'en veut pas. Mais s'il faut le prendre, on le prendra! »
Quel courage! Quelle volonté! Quelle détermination! Mon avis, nous manquons d'hommes de cette trempe en France. Trois Gaudin dans le pays, on est sauvé. La dette, le chômage, tout le toutim, tout réglé. Je vous la repasse, pour le plaisir: « Ferry, ici, on ne le connaît pas, donc, on n'en veut pas. Mais s'il faut le prendre, on le prendra! » Du Pagnol! Que dis-je? Du Shakespeare, vous savez, celui du Roi Lion, qui rugit tellement fort que tout le monde a peur dans la savanne. Allez, une troisième fois: « Ferry, ici, on ne le connaît pas, donc, on n'en veut pas. Mais s'il faut le prendre, on le prendra! »
Parfois, la politique, c'est beau.
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06.05.2009
Joli mois de mai
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25.04.2009
La colère sociale : Exaspération ou crise profonde ?
La question essentielle est donc de savoir comment répondre à cette révolte, d'autant plus inquiétante que de nouveaux plans de licenciement arrivent et que plus personne ne semble en mesure de calmer cette colère-là. Aux yeux des médias, du pouvoir ou du Medef, il n'y aurait plus d'autorité syndicale, politique ou même spirituelle audible pour tenter de définir et de faire partager une éthique de la protestation.
Pour éviter cette radicalisation revendicative, certains nous disent que c'est par là qu'il faut commencer. Redonner du poids à la parole. Restituer une crédibilité aux syndicats en les associant aux décisions dans les entreprises et pas seulement dans les négociations nationales. Car il est vain de demander aux représentants élus de calmer le jeu dans leur entreprise si on les a ignorés précédemment. La meilleure manière de combattre cette radicalisation est de reprendre le chantier du dialogue social. De ne pas traîner les pieds comme l'a trop souvent fait le Medef sur le partage d'informations au sein de l'entreprise et sur la concertation. Un personnel mieux informé sur la situation réelle de son entreprise comprendra mieux et acceptera peut-être mieux des décisions douloureuses si elles deviennent nécessaires.
Et pourtant, ce qu'ils savent ces diseurs de bonne aventure ... C'est que Continental n'est que la pointe visible de l'iceberg social : ces conflits commencés il y a plusieurs semaines chez Caterpillar, Continental et Molex s'enlisent, avec des négociations qui ne débouchent sur rien, des promesses changeantes, des représentants syndicaux contestés face à une base pour qui c'est sa vie qui se joue. Ca devient sauvage, on le serait à moins. Ca vous séquestre, ça vous force même à manifester avec vous comme cela s'est passé en Janvier à l'usine Fulmen d'Auxerre, le directeur ayant ensuite écrit à chacun des 314 salariés, dans laquelle il dénonce « l'humiliation » qu'il a subie ce jour là.. Et ses salariés, ils n'étaient « humiliés « d'être considérés comme des Kleenex ? Toutes ses actions se radicalisent à l'approche d'un 1er Mai qui sera sans doute l'occasion de donner plus d'envergure à une colère que nous gouvernants ne comprennent pas. Il est loin le discours de Lorient de 2007 où Nicolas Sarkozy déclarait : « Ici quand on manifeste, quand on recourt à la violence, ce n'est jamais pour se distraire, ce n'est jamais pour nuire à autrui, c'est parce qu'on est désespéré, c'est parce qu'on n'a plus de recours et qu'on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale « . Il est vrai que c'était en pleine campagne et face aux pécheurs de Lorient. »
En phase avec la méthode Sarkozy de l'immédiateté de la décision politique, François Fillon réagit au jour le jour en l'absence d'une politique d'ensemble susceptible d'apporter un minimum de visibilité face à la crise. Or ni le plan de relance dont les premiers résultats sont attendus au mieux début 2010, ni les déplorations et condamnations des boutefeux extrémistes et des patrons voyous ne constituent une politique à la hauteur de la situation sociale explosive d'aujourd'hui. Le saccage de la sous-préfecture de Compiègne est un signal d'alarme à prendre très au sérieux. Il n'appelle pas à une politique fondée sur la simple réactivité, mais à une remise à plat de la politique gouvernementale pour éviter que les foyers d'incendie qui se développent ne dégénèrent en crise sociale et politique majeure.
Mais le Premier ministre va aussi découvrir ce matin dans nos pages qu'à Dexia, banque récemment sauvée de la faillite par des fonds publics, la distribution des cadeaux bonus continue. Ce contraste, cette simultanéité, cette iniquité sont à la base de la tension sociale que nous connaissons depuis quelques semaines et qui ne cesse de s'aiguiser au fil des plans sociaux. Le Premier ministre arguera qu'il a dénoncé les cas « choquants » de patrons qui s'octroient des rémunérations exorbitantes. Est-il vraiment allé au-delà des mots ? Les cas de réduction réelle des avantages patronaux se comptent sur les doigts d'une main. Les salariés vraiment licenciés, eux, se comptent par milliers. Cette célérité dans la réaction du Premier ministre, hier, cette fermeté dans le ton, cette sincérité dans la conviction, on aimerait qu'elles s'appliquent aux uns comme aux autres, aux puissants comme aux misérables. Nicolas Sarkozy et ses ministres abusent des déclarations anti-abus. Deux poids, deux mesures, la menace d'une application rigide de la loi contre les uns, l'invocation d'une morale élastique pour les autres: c'est la véritable origine des débordements qu'on stigmatise avec tant de hâte et d'énergie.
Après les dizaines de milliards d'euros débloqués pour sauver les banques, les salariés touchés par les fermetures d'usines ne comprennent pas que l'Etat n'en fasse pas autant pour l'industrie. Ils sont choqués par les retraites chapeau des grands patrons, alors que les pensions ouvrières sont rognées de toutes parts. Pour réduire les inégalités et les injustices exacerbées par la crise, il ne suffira pas de taxer les primes indues. Il faudra aussi supprimer le bouclier fiscal derrière lequel leurs bénéficiaires mettent le magot à l'abri. La mesure est urgente, car François Fillon et le FMI ont confirmé hier que la récession sera plus importante que prévu : la situation ne peut qu'empirer.
Alors oui, c'est vrai, c'est bien de colère qu'il s'agit. C'est bien de la colère qui gronde dans le pays et oui, elle est légitime. Mais Nicolas Sarkozy et son gouvernement veulent en détourner le cours, fût-ce en abandonnant à l'opinion quelques cas « choquants « de patrons, d'ailleurs non nommés. Ils ressassent tous les jours et chaque fois avec plus de force le thème de la violence et l'amalgament à celui de l'insécurité. Ils veulent rassembler la droite et ils craignent tout vrai débat sur le système lui-même, sur le capitalisme, sur leurs choix politiques et ceux qu'ils veulent pour l'Europe. Qui pourrait croire qu'ils ont renoncé à l'Europe ultralibérale ? La stratégie de la tension et les scrutins de la peur sont deux grands classiques de la manipulation politique. Nicolas Sarkozy, l'UMP ne veulent pas, contrairement à ce qu'ils disent, que les Français votent le 7 juin sur des choix clairs pour l'Europe. Confrontés à la situation sociale que nous connaissons et à laquelle ils ne peuvent répondre sans changer profondément de politique, et ils ne le veulent pas, ils tentent d'utiliser cette situation à leur profit. Et l'histoire nous a appris que les grandes crises ne font pas forcément les révolutions et les grandes réformes, mais peuvent enfanter des monstres.
La rébellion des usines qui licencient exprime une colère qui ne prend pas seulement racine dans la multiplication des plans sociaux. Elle relate une incompréhension de fond, une désespérance, une rage contre l'injustice d'une classe dite moyenne qui découvre, au 20 heures, le tourbillon des milliards de la crise; le cynisme des goinfres de la finance et de quelques patrons (rares, Dieu merci !) enivrés aux stock-options. Saoulés aux parachutes dorés. La crise financière est derrière nous. La crise sociale devant. Il est juste de dire que le gouvernement risque d'être débordé par l'avalanche. Il est honnête d'ajouter qu'il ne fait rien pour sauver ce qui peut l'être des entreprises et des emplois en péril.
Vous avez dit désarroi ?
Publié par » Le Raco » MARSEILLE
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