05.10.2009

Réforme des collectivités territoriales

france.jpgVoici une tribune libre parue le » SUD OUEST »  édition du Lundi 05 Octobre 2009. Signée : Ludovic Freygefond le premier secrétaire fédéral du PS en Gironde et Alain Anziani sénateur PS de la Gironde.

Oui à une nouvelle grande étape de la décentralisation

Pour sortir de la crise, notre pays a besoin d'audace. Y compris dans son développement territorial. Les régions, les départements, les intercommunalités, les communes constituent un espace d'innovation, de démocratie de proximité, et surtout d'efficacité et de bonne gestion. Là où l'État accumule les déficits, nos collectivités se montrent soucieuses des deniers publics. Là où l'État peine à mettre ses bâtiments aux normes environnementales, nous y sommes engagés depuis de nombreuses années. Partout, les collectivités locales se montrent plus réactives et solidaires que la grande machine jacobine.

Doit-on pour autant se satisfaire aujourd'hui de notre organisation ? Certainement pas. Réformer pour quoi faire ? Quelle ambition pour l'action publique ? Afin de libérer encore les énergies locales, afin de permettre une meilleure efficacité de nos services publics, afin de replacer le citoyen au cœur de ces services, une réforme doit permettre, en accentuant la décentralisation, de clarifier l'organisation des territoires aux yeux de nos concitoyens.

Aller au bout de la décentralisation, voilà le sens de la réforme que nous souhaitons. Initié au début des années 1980, ce mouvement a permis de structurer l'action publique en alliant développement des territoires et renforcement des fonctions protectrices de la puissance publique. Ces réussites sont indéniables. Pour les encourager, nous proposons d'aller plus loin dans l'efficacité et la solidarité des territoires en renforçant l'intercommunalité. Incitation au regroupement de communes et élection directe des conseilleurs communautaires en sont les principales mesures. Par ailleurs, une meilleure décentralisation doit s'accompagner d'une solidarité fiscale accrue entre les territoires : une future métropole doit penser des mécanismes de péréquation entre agglomération et ruralité. La question de la fiscalité est centrale, c'est pourquoi il est nécessaire d'envisager une fiscalité positive, qui ne freine pas les investissements. Une compensation par dotation de l'État sera un terrible retour en arrière.

Aller au bout de la décentralisation, c'est aussi clarifier les compétences de chacun. Par l'instauration d'un chef de file sur les compétences partagées, par exemple. Ou encore par la suppression des doublons de l'État. Stop à la tutelle de l'État, qui, inquiet de ces « jeunes » collectivités, organise une administration parallèle afin de surveiller l'action de nos territoires. Que chaque citoyen puisse répondre au qui fait quoi, est un souci majeur des élus socialistes. Le département comme la région ont des identités affirmées qu'il convient toutefois de spécialiser par l'instruction de chef de file.

Derrière cette réforme qui se prépare aujourd'hui se cache un postulat poujadiste qui a prouvé plus d'une fois son efficacité : « Trop d'élus trop payés. » Rappelons que plus de 70 % des élus en France sont bénévoles ! Comment accepter le populisme anti-élus du gouvernement quand le budget de l'Élysée, en hausse de près de 20 %, atteint 120 millions d'euros pour un élu, quand, au sein des régions et des départements, le coût global des indemnités ne dépasse pas les 200 millions d'euros pour 8 000 élus ?

Après avoir muselé des pans entiers de notre société, l'État UMP se lance dans le contrôle des collectivités locales. Le projet est simple : revenir 50 ans en arrière. Notre position l'est tout autant : non à la recentralisation anticonstitutionnelle que veut imposer l'Élysée.

Il en va de la qualité du service public qu'attendent tant de Françaises et de Français, la France du mal emploi, la France des sans-emploi, des précaires, des exposés, des sans-diplômes, des faibles revenus, cette France qui subit déjà le conservatisme du gouvernement. Face à cela, nous affirmons avec ambition : oui à une nouvelle grande étape de la décentralisation !

 

30.09.2009

SUICIDES A FRANCE TELECOM

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« Pour réussir la mutation de l'entreprise publique vers la multinationale actuelle, il fallait organiser méthodiquement la casse d'une culture du service public, pour construire une nouvelle culture passer du technique au commercial et avec un management compatible avec la recherche de la rentabilité maximale. Dans cette véritable guerre idéologique, les victimes se compteront par milliers. »

Par l'Observatoire du Stress à France Télécom

Au début des années quatre-vingt dix

Pour beaucoup d'observateurs extérieurs, au début des années quatre-vingt dix, France Télécom était sans doute le symbole d'une entreprise où il faisait bon vivre : garantie de l'emploi, métiers techniques qualifiés, salaires plutôt supérieurs au reste de la fonction publique.

Les anciens parleront sans doute le mieux de cette culture spécifique aux entreprises publiques françaises. France Télécom était une organisée dans une pure logique technicienne pétrie de l'idéologie du service public, du haut en bas de la hiérarchie, bien éloignée de la routine des caricatures de fonctionnaires traditionnels. C'est en tout cas le "mythe" fondateur qui réunissait les syndicats, l'encadrement et le personnel.

A partir de 1996

En 1995, le service public des télécommunications était plébiscité par 95% des usagers et le réseau français était devenu un des plus modernes au monde. C'était une grande fierté partagée par tous.

L'ouverture du capital en 1996, puis l'ouverture à la concurrence en 1998, vont constituer une fracture dans l'histoire des télécommunicants.

En effet, pour réussir la mutation de l'entreprise publique vers la multinationale actuelle, il fallait organiser méthodiquement la casse d'une culture du service public, pour construire une nouvelle culture compatible avec la recherche de la rentabilité maximale. Dans cette véritable guerre idéologique, les victimes se compteront par milliers.

Ainsi, la Machine à broyer fonctionne avec quatre ressorts principaux : un des ressorts du stress à France Télécom est à coup sûr la différence croissante entre les valeurs portées par les agents et celles portées par la direction ; un autre ressort est la mise en place de nouvelles règles de gestion du personnel, avec au cœur du dispositif les entretiens d'évaluation annuels où se "contractualiseraient" les objectifs individuels ; ensuite, les restructurations permanentes des services ont profondément déstabilisé le personnel ; enfin, et c'est la douloureuse ironie de la situation, le statut même du personnel, qui l'empêche d'être victime d'un licenciement collectif, a entraîné la direction dans une véritable politique de harcèlement pour pousser, coûte que coûte, les salariés vers la sortie...

On touche là l'essentiel du mécanisme, analysé en termes généraux, sans aucun doute partagés par l'ensemble du mouvement syndical de l'entreprise. C'est le constat que l'on peut faire d'ailleurs aujourd'hui. Mais en 2003, peu de personnes pouvaient apprécier en terme individuel la souffrance vécue par tel ou tel salarié. La dynamique de débats enclenchée par le travail réalisé autour du livre La Machine à broyer, a fortement contribué à nous poser les questions en terme effroyablement concret : nous côtoyons tous les jours dans les services des victimes qui souffrent, souvent en silence, et qui peuvent disparaître à l'occasion d'une restructuration, d'une dépression qui devient une longue maladie... Sans parler des suicides de salariés, heureusement exceptionnels, mais qui sont souvent la conséquence d'une lente dégradation de l'environnement du travail.



 

25.09.2009

POUR LA DEFENSE DU SERVICE PUBLIC POSTAL

1.jpgConsultation nationale contre la privatisation de La Poste,

Pour un débat public sur le service public postal :


Citoyens, Citoyennes,

Pour un service public de qualité pour tous,

Participez  à la


3.jpgVOTATION CITOYENNE


contre la privatisation de La Poste

et la casse des services publics


C'est à nous de

CHOISIR!

4.jpgRendez-vous devant les mairies, les bureaux de poste

 

Le samedi 3 octobre, votez NON !

NON à la privatisation de La Poste


2.jpgLa Poste est en danger. La dégradation du service public se poursuit depuis plusieurs années, marquée par le manque de personnels dans les quartiers populaires des villes et la fermeture de bureaux ruraux, ainsi que la transformation du service financier de La Poste en banque postale avec la banalisation du livret

Le gouvernement a maintenant l'intention de privatiser La Poste en en faisant une société anonyme dont le capital sera introduit en bourse.

Cette réforme sonnerait le glas du service public postal, c'est-à-dire de l'un des services publics essentiels à l'exercice réel des droits des citoyens, en l'occurrence du droit à la communication. Nous devons l'empêcher, car nous voulons que ce droit fondamental puisse continuer à s'exercer avec des garanties qu'une gestion privée ne peut apporter.

Que demandons-nous concrètement ? De ne pas sacrifier davantage la présence des bureaux de poste dans les zones rurales et les quartiers populaires, partout où l'activité de La Poste ne peut dégager une rentabilité importante. D'améliorer les conditions de distribution du courrier et d'accueil des usagers, et non de les moduler en fonction de l'intérêt financier des zones couvertes. De garantir le prix unique du timbre, de pérenniser la distribution six jours sur sept, supérieure aux obligations européennes. De permettre aux foyers les plus modestes de trouver encore un partenaire bancaire au sein de La Poste, attentif à leur situation.

La privatisation de La Poste ne va pas améliorer la qualité du service rendu, mais au contraire la dégrader et rendre celui-ci beaucoup plus inégalitaire.

Nous nous opposons donc vigoureusement à cette privatisation. Nous demandons que le gouvernement ouvre un grand débat public sur les missions de La Poste et sur l'amélioration du service rendu en réponse aux besoins de la population, ainsi que sur les nouvelles formes de gestion qui permettront de démocratiser les services publics en impliquant davantage les représentants des usagers, des salariés et des élus.

La Poste est un service public et doit le rester.

Le réseau postal est un élément essentiel de lien social, de qualité de vie et de développement économique.

La poste ne doit pas être sacrifiée sur la logique de rentabilité d’actionnaires privés, elle a été construite avec l’argent des citoyens français, elle appartient à la République.

Voir les signatairesSigner cette pétition

14.09.2009

Consultation militante : le questionnaire

ps logo 1.jpg1.Les primaires ouvertes
L'organisation de primaires ouvertes pour l'élection présidentielle est une avancée démocratique et doit être aussi une chance pour créer un vaste mouvement populaire en faveur de notre candidat(e) et de nos idées.

Nous souhaitons qu'elles permettent d'agréger autour de nous toutes celles et tous ceux qui veulent nous aider à construire un autre projet de société, choisir notre candidat(e) en 2011, l'amener à la victoire en 2012 et se mobiliser ensuite pour changer la France.

Nous vous proposons d'en adopter aujourd'hui le principe, les modalités concrètes d'organisation de ces primaires étant précisées dans la convention de l'été 2010.

Question 1-1 : « Etes-vous favorables à la désignation du candidat(e) des socialistes par des primaires ouvertes aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012 et veulent participer à la victoire de la gauche? »

Nous nous sommes engagés, avec nos partenaires de gauche, dans une nouvelle démarche de rassemblement à gauche. C'est dans ce cadre et sur le fondement d'un travail en commun sur nos valeurs et nos idées, avec des actions communes, que seront discutées les stratégies électorales les plus appropriées pour gagner en 2012. Ces discussions pourront amener certains de nos partenaires à vouloir organiser en commun, par des primaires ouvertes, la désignation du candidat(e) de la gauche.

Question 1-2 : Donnez vous mandat au Bureau National pour organiser ensemble avec les formations de gauche qui le souhaitent de telles primaires dans le cadre d'un rassemblement politique et sur la base d'une plate-forme commune ?

2- Le non-cumul des mandats
La limitation du cumul des mandats est une condition du bon exercice de chacun d'entre eux mais aussi du renouvellement des responsables politiques. C'est la fierté des socialistes d'avoir été à l'initiative de la seule loi limitant le cumul des mandats. Le groupe socialiste déposera d'ailleurs des amendements pour aller plus loin lors du débat sur le projet de loi sur les collectivités territoriales. Dès à présent, notre groupe parlementaire et le Parti vont travailler à un projet de véritable statut de l'élu que nous mettrons en œuvre lorsque nous reviendrons au pouvoir.
Mais il est temps aujourd'hui pour les socialistes de franchir une étape majeure. Nous proposons d'inscrire dans nos statuts deux nouvelles limitations qui vont plus loin que la loi actuelle, qui s'inscrivent dans l'objectif du mandat unique pour les parlementaires et qui s'imposeront à tous les socialistes à chaque renouvellement.

Question 2-1 : Etes-vous favorables, comme étape vers le mandat parlementaire unique, à l'impossibilité de cumuler, sans attendre le vote d'une loi, dès les prochains renouvellements (cantonales 2011, Sénatoriales 2011, législatives 2012) un mandat de parlementaire avec une présidence d'exécutif local (Communes, Intercommunalité, CG, CR) ou la participation à un exécutif (Vice-Pdt, Maire adjoint )?

Question 2-2 : Êtes-vous favorables à limiter à trois les mandats successifs des présidents d'exécutifs locaux (Maires, Présidents de Conseil Général, de Conseil Régional, et d'Intercommunalité) ?

3- La parité, la diversité et le renouvellement générationnel

Un Parti fort est un Parti qui ressemble à la société qu'il représente. Nous devons ainsi organiser en notre sein les conditions de l'égalité réelle d'accès aux responsabilités.

La première exigence est la parité. Les socialistes déposeront une proposition de Loi afin de durcir les conditions du financement des partis politiques qui ne respectent pas la stricte parité dans leurs candidat(e)ures aux élections législatives. Par ailleurs, nous vous proposons d'aller au-delà du seuil de 40% minimum de femmes présentes dans nos instances dirigeantes comme nos statuts le prévoient aujourd'hui. Si vous décidez d'approuver le principe de parité totale, cela sera applicable dès le prochain congrès.

Question 3-1 : « Êtes-vous favorables à l'instauration de la parité totale dans toutes les instances du Parti (locales et nationales) ? »

Question 3-2 : « Êtes-vous favorables à l'instauration de la parité dans les candidat(e)ures pour les élections législatives de 2012 ? »

Il faut aussi créer les conditions d'assurer en notre sein la diversité, au sens le plus large du terme, sans instaurer de quotas, en visant l'accès aux responsabilités de militants issus de l'immigration, d'ouvriers, d'agriculteurs, d'employés du secteur privé..., qui sont aujourd'hui sous-représentés parmi les responsables et les élus de notre Parti. Il s'agit aussi de préparer aujourd'hui une nouvelle génération à exercer demain les responsabilités. L'expérience nous a appris que nous ne pouvions réussir qu'en s'y prenant suffisamment tôt et en réservant des cantons ou des circonscriptions pour mettre en application nos principes.

Question 3-3 : « Donnez-vous mandat au Bureau National pour fixer, pour chaque élection, des objectifs de renouvellement contribuant à une meilleure représentation des diversités de la société française, et pour cela, en réservant si nécessaire, des circonscriptions électorales ? »

4. Pour une démocratie interne aboutie

Nous savons par ailleurs que l'acte d'adhésion est encore trop difficile dans notre parti et nous empêche de devenir un parti de masse à l'image de la société. Il est donc nécessaire de réfléchir collectivement à de nouveaux modes d'organisation et de formation.

Question 4-1: Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts des règles nouvelles permettant d'ouvrir largement notre parti aux hommes et aux femmes de gauche en réduisant les obstacles à leur adhésion (adhésion directe, adhésion à des sections thématiques, montant des cotisations, modalité d'accueil, adhésion sur Internet...)?

Le Congrès de Reims a montré que l'élection au suffrage universel direct du 1er Secrétaire National et des 1ers secrétaires fédéraux après le Congrès pouvait empêcher celui-ci d'être un moment de synthèse, de travail et de rassemblement. Sans remettre en cause la proportionnelle, qui est un élément fondamental de l'unité des socialistes permettant le respect de la pluralité d'opinion dans chacun de nos instances, il nous faut réfléchir à une nouvelle organisation de nos Congrès permettant que le choix de nos dirigeants repose sur des choix politiques et sur leur capacité à créer des majorités stables pour pouvoir gérer le parti.

Question 4-2 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts, des règles de démocratie interne permettant d'améliorer l'efficacité de nos Congrès et de choisir nos dirigeants en cohérence avec nos orientations politiques ?

5. Pour des règles d'éthique

Nous devons nous doter des moyens pour garantir un réel civisme interne et la solidarité entre socialistes à tous les niveaux. Nous proposons que soit rédigée une charte d'éthique, prévue par nos statuts, mais jamais écrite. Une commission composée de personnalités incontestées faisant autorité dans notre Parti pourrait être chargée de faire respecter ces règles communes. Elle pourrait, entre autres, proposer une réforme de l'organisation de nos scrutins afin qu'il n'y ait plus de contestations, rappeler à l'ordre ceux de nos camarades ou de nos instances qui ne respecteraient pas les valeurs et les règles de notre collectif.

Question 5.1: Etes-vous favorables à la création dans notre parti d'une autorité indépendante et incontestée, chargée de faire respecter les règles d'éthique et de droit s'imposant à tous les adhérents du Parti Socialiste, disposant des moyens de les faire respecter et tranchant en dernier ressort toute question en rapport avec la violation de nos règles communes ?

Question 5.2: Approuvez-vous la mise en œuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité et la fiabilité de nos votes

 

 

12.09.2009

Albert Jacquard : Le compte à rebours a-t-il commencé ?

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Ce matin entendu sur France Inter: "On s'en fout, s'il y a eu des bourrages d'urnes, il ya des choses plus sérieuses qui doivent nous préoccuper"...

.."Notre planète est fragile et le compte à rebours à commencer"..."a qui appartiennent les richesses de la terre"...

Ce titre n'est qu'une question rhétorique visant à interpeller l'opinion. Albert Jacquard, généticien reconnu, a déjà la réponse : la fin de l'humanité ne tardera guère si nous, pays nantis du Nord, ne modifions pas nos comportements. C'est un cri d'alarme : le sujet n'est pas original et l'auteur ne prétend pas proposer des solutions ; au mieux cherche-t-il à provoquer une prise de conscience individuelle.

Notre société du risque doit développer la vigilance en actes. «C'est l'humanité qui se met en danger si elle ne stabilise pas ses rapports à la planète dont les richesses naturelles sont limitées (pétrole-gaz-charbon). En outre, l'espèce humaine s'accroît et la planète n'est pas sa poubelle. L'auteur appelle donc les pays nantis à réduire la consommation-gâchis, à abandonner le nucléaire pour résoudre le problème de nos déchets. Il s'en prend avec virulence à l'économie et  à la croissance et réfute la course à la production et à la rentabilité : elle exacerbe le matérialisme en n'accordant de valeur qu'aux biens marchands. Ce n'est pas, selon Jacquard, le bon objectif de développement, surtout après le tsunami économico-financier de l'été 2008 : non pas une "crise", mais une "mutation" radicale ; rien dans nos sociétés ne sera plus comme avant.

Quels nouveaux objectifs proposer pour orienter cet inéluctable changement ? L'auteur plaide pour l'augmentation des biens sans valeur marchande, ceux que l'économie ni la croissance ne peuvent chiffrer : la recherche, la lutte contre les maladies, la création artistique et surtout, l'éducation. Car l'école doit éveiller la lucidité des jeunes générations et les préparer à adopter de nouveaux comportements pour parvenir, entre autres, à une gestion collective et raisonnable des richesses mondiales. Le système éducatif doit donc cesser de formater les jeunes selon la demande du marché de l'emploi, cesser de les pousser à la rivalité et à la compétition. Car l'école, affirme l'auteur, n'est pas au service de la société. Les politiques doivent rapidement déterminer les nouveaux objectifs pour éviter la disparition annoncée des hommes afin que chaque jeune puisse élaborer, dans cette perspective, son projet personnel. Pour le mettre en œuvre, à l'école de lui donner les moyens d'acquérir les compétences nécessaires. Car le véritable objectif humain, c'est de se dépasser soi-même, et non son condisciple ; c'est de se réaliser par la rencontre et l'échange, qui seuls permettent à un jeune de «devenir celui qu'il choisit d'être.».

« Je n'ai pas de solution : mon objectif, ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui. »

Définition de l'humain à méditer selon Albert Jacquard : "C'est sa capacité à rencontrer l'autre"

 

04.09.2009

LA TAXE CARBONE : éviter « l’usine à gaz »

CO2.jpgLa taxe carbone qui touchera toute consommation d'énergie (transport, chauffage, etc.), suscite un important débat.

Si nous sommes d'accord avec le principe (inciter à une moindre consommation énergétique), cela ne doit pas être au détriment du pouvoir d'achat de la majorité des ménages.

Cette mesure ne peut pas être comprise par les Français si elle n'est pas accompagnée, voire précédée, d'une remise en cause du paquet fiscal, injuste socialement, qui bloque chaque année 14 milliards d'euros au profit d'une frange infime (la plus aisée) de la population.

Dès à présent nous devons également négocier une éco-redevance pour décourager le transport camion, encourager les éco-industries par une TVA tendant vers zéro, afficher clairement les normes environnementales comme des critères à part entière dans les négociations de l'OMC.

Aussi, la « taxe carbone»  ne doit pas occulter la nécessité de demander (au moins au niveau européen) plus d'efforts aux industries les plus polluantes. Or, Nicolas Sarkozy souhaite consacrer les recettes de la taxe carbone à des baisses en faveur des entreprises, notamment à celle de la taxe professionnelle! Cela constituerait une véritable provocation. Les industries les plus polluantes seront en effet exonérées de la taxe carbone au motif qu'elles sont déjà soumises aux quotas européens d'émissions de gaz à effet de serre...

En réalité, la « Taxe carbone»  ne sera juste socialement que si les sommes perçus sont reversés équitablement  intégralement et de façon à inciter ceux qui le peuvent à réduire leur consommation. Les ménages modestes en zones rurales ou qui habitent un logement ancien très mal isolé subissent leur environnement et ne pourront pas moins consommer. Il faudra donc distribuer un « chèque vert»  plus substantiel aux ménages appartenant à cette catégorie des très captifs. À simple titre d'exemple, si l'on évalue le coût de la taxe à plus ou moins 100 euros par an par ménage, cela reviendrait à distribuer un chèque de 90 euros à 20 millions de ménages (ceux qui peuvent diminuer leur consommation d'énergie) et de 110 euros aux 6 millions de ménages considérés comme « très captifs» .

Pour être efficace et juste, cette nouvelle mesure doit remplir trois conditions : s'accompagner d'une relance des énergies nouvelles, d'une taxe plus forte touchant les industries polluantes et d'une redistribution intégrale et équitable.

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène

 

30.08.2009

Pour en finir avec le cumul des mandats

martine.jpgAinsi à La Rochelle : c'est sur le cumul des mandats que Martine Aubry a attaqué le plus fort. Elle a recueilli notamment une ovation lorsqu'elle a évoqué la question du «mandat unique pour les parlementaires». Une position toujours populaire chez les militants, beaucoup moins chez les élus.

Mais le projet ne concernera pas les régionales de mars, car «il est trop tard», selon la première secrétaire. Nul doute qu'à l'évocation de ces propos, certains concernés ont retenu leur respiration.

L'Homme politique moderne, n'est pas moderne. Il est le résultat d'institutions vieillissantes et d'un archaïque système politique. Un système qu'il est grand temps de changer, de faire évoluer afin de démocratiser un débat politique qui ne l'est plus, de renouveler et de diversifier le visage de nos élus. Il est temps de créer un Homme politique nouveau : d'en terminer enfin avec le cumul des mandats.

Il faut en finir avec l'accumulation du pouvoir dans les mains de quelques uns, pendant des décennies, sur plusieurs mandats

cricri.jpgLes responsables politiques français cumulent les mandats. Député, maire, président d'une communauté d'agglomération, maire d'une grande ville, et parfois ministre. Ils prétendent pouvoir assumer l'équivalent du travail de trois temps-plein par mois. Car pour justifier le cumul des mandats, les responsables politiques avancent tous le même argument : assumer plusieurs fonctions est un bon moyen pour rester au contact de la réalité, en cumulant fonction nationale et mandat local. Sauf que le cumul des mandats est une exception française, et les autres démocraties européennes fonctionnent aussi bien avec des responsables politiques qui n'assument qu'une seule fonction.

Depuis trop longtemps la France se prive de ses nouvelles énergies citoyennes et engagées.

Au final, la classe politique a deux choix : creuser d'autant plus le fossé entre gouvernants et gouvernés, ou acter le passage des institutions au XXIème siècle en adoptant une fois pour toutes le principe du non cumul des mandats. Ce n'est qu'au prix de cette nouvelle « nuit du 4 août des privilèges » que notre démocratie pourra réconcilier les français et leurs institutions.

Les français sont aujourd'hui une très large majorité à déconsidérer l'homme politique, estimant que ses multiples candidatures n'ont plus rien à voir avec un engagement profond et sincère. De même, il n'est pas sain pour la vie démocratique qu'une même personne puisse rester à la tête d'une collectivité pendant 20 ou 30 ans, il faut au contraire permettre à des femmes et à des hommes nouveaux de partager les responsabilités locales et nationales. Nos institutions doivent être profondément modernisées pour permettre un renouvellement régulier de la classe politique.

On a les hommes politiques qu'on mérite. On le sait bien.

 

10.06.2009

CHANGER OU DISPARAITRE

Par Pierre MOSCOVICIFF.jpg

J'ai tenu à m'adresser à vous après ces élections européennes qui ont été pour le Parti Socialiste un choc, et j'espère un électrochoc. Le Parti Socialiste est menacé de disparition.

Ne croyons pas que les formations politiques sont éternelles. Le Parti radical sous la IIIe République a disparu, la SFIO a laissé sa place au Parti Socialiste au début des années 70 après Epinay, le Parti Communiste n'est plus que l'ombre de lui-même.

Nous sommes aujourd'hui dans une situation extrêmement difficile. Cela fait tant d'années que nous n'avons pas travaillé sur le fond. Cela fait tant d'années que nous n'avons pas gagné une grande élection nationale. Et maintenant, en plus, nous perdons les élections intermédiaires dans une situation où le Président de la République, Nicolas Sarkozy, est impopulaire !

Nous sommes talonnés par les écologistes, nous sommes menacés par la gauche. Il y a vraiment aujourd'hui besoin de gauche et besoin de mener les refondations, les rénovations que nous n'avons pas su conduire les dernières années. Ces rénovations, pour moi, sont de trois ordres :

D'abord, la rénovation intellectuelle - celle de notre pensée, celle de notre discours, celle de notre langage. Assez de ces oppositions pavloviennes où l'on se contente de dire « Sarkozy est méchant » et « nous sommes de gauche ». Cela ne trompe plus personne.

Quelle est la ligne politique du Parti Socialiste ? Qu'est ce que c'est le socialisme du XXIe Siècle ? Comment répondre de manière concrète et pragmatique aux angoisses de la population ?

Il ne s'agit pas d'être plus à gauche ou moins à gauche, il s'agit d'être mieux à gauche. Une gauche qui soit moderne, une gauche qui soit efficace, une gauche qui soit pragmatique et une gauche qui soit constructive. Cela, nous devons le construire.

La deuxième rénovation, c'est celle de nos pratiques. Nous savons qu'il existe dans notre parti des biais et des déformations qui sont insupportables et rendent tout contestable, y compris la conduite du parti et la désignation de nos listes. Il est grand temps de réfléchir à nos modes de désignation de notre candidat ou candidate à la présidentielle. Si nous voulons un candidat qui ne soit pas contesté, si nous ne voulons pas qu'il y en ait deux, si nous souhaitons préparer l'alternance face à Nicolas Sarkozy, alors je crois plus que jamais nécessaire une primaire ouverte à tous les citoyens qui souhaitent y participer. Cette primaire permettra de donner une force, une légitimité populaire à notre candidat ou candidate et de l'emporter en 2012, ce qui est fondamental. Le parti ne résisterait pas à une quatrième défaite présidentielle.

Et puis, troisièmement, il y a la gouvernance du Parti Socialiste. Elle n'a pas été satisfaisante depuis le Congrès de Reims. Elle ne l'était, à vrai dire, pas non plus avant. Tout doit être refondé et les leaders du Parti Socialiste doivent être vraiment associés à la conduite des affaires.

Il faut également que nous ayons ait une direction plus resserrée, plus efficace, plus pertinente, plus solide, plus constructive et plus dure aussi mais au bon sens du terme. Tout cela est à bâtir.

Quoi qu'il arrive et vous le voyez, nous avons besoin de gauche. Besoin de Gauche cela veut dire besoin de nous. Besoin de nous cela veut dire besoin de vous. C'est pour cela que je vous appelle à participer nombreux à cette réunion du Taillan-Médoc le 4 Juillet, qui joindra l'utile à l'agréable.

Je crois que, dans ce contexte-là, cette rencontre prend une importance particulière, qu'elle devient tout simplement nécessaire.

Je compte sur vous

Pierre Moscovici