03.11.2009
L’identité nationale selon Rocard : “un débat imbécile”
Alors que s'ouvre le "grand débat sur l'identité nationale", Nouvelobs.com donne la parole à Michel Rocard : "L'idée que l'identité nationale fasse doute et qu'il faille en rediscuter me stupéfie", explique l'ancien Premier ministre, car "la logique de fabrication de la France se détruit si on la ferme".
...« Ma crainte, c’est qu’on mette des frontières là où il n’en faut pas. C’est que parler de l’identité nationale nous convainque qu’il y a une substance de plus, quelque chose de qualitativement différent, entre ceux qui sont Français et ceux qui ne le seraient pas mais habiteraient quand même notre territoire. »...
(Lire la suite de l'interview) le 2 novembre 2009 - Nouvelobs.com
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Commentaires
Etre français, rappellera-t-on, c’est hériter d’une tradition d’accueil, d’hospitalité et d’ouverture, tradition à l’évidence incompatible avec la politique d’immigration actuellement menée ; c’est se reconnaître dans une citoyenneté définie non par l’origine géographique ou culturelle, mais par la défense et la promotion commune des droits humains partout où ceux-ci sont niés - conception de la citoyenneté inconciliable, tant avec les dérives xénophobes dont a fait régulièrement preuve le précédent ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, qu’avec son action et celle de son successeur.
Ecrit par : Mathieu Potte-Bonneville | 03.11.2009
• quand les drapeaux sont déployés, toute l’intelligence est dans la trompette
Ecrit par : Stéfan Zweig | 03.11.2009
L'identité, c'est ce qui, sans qu'on puisse le définir précisément, fait référence, pour tous ceux qui sur ce sol vivent ensemble.
Il faut se garder en revanche de deux dangers. Il n'y a pas de vérité de la mémoire, et cette histoire, si elle nous est commune, peut se prêter à des interprétations contradictoires. Elle inclut tout aussi bien, ce dont on peut être fier (l'abolition de l'esclavage, le code civil, la Déclaration des Droits de l'Homme, etc.) et ce qui suscite le malaise (par exemple la colonisation). Cette identité est un tout et ce tout ne s'accommode pas d'une appréciation morale simplement d'un esprit critique qui ne doit jamais nous abandonner. La seconde erreur serait de considérer cette identité comme donnée une fois pour toutes. Elle ne cesse au contraire de s'enrichir. Et l'arrivée, tout au long du siècle écoulé, de millions d'immigrés en a évidemment profondément modifié les caractères. Notre identité est faite aujourd'hui d'une part de leur histoire, de celle qu'ils ont amenée avec eux, de celle que nous avons partagée. Il serait temps d'en tirer les conséquences en intégrant dans nos commémorations une référence explicite à cette histoire.
Ecrit par : Henri G. | 03.11.2009
Où ont-ils la tête ? Même s'il n'est pas plus noble préoccupation que les valeurs qui cimentent un pays, il y a quelque anachronisme à ce débat théorique quand le souci des Français est de trouver ou de garder leur travail. La précipitation avec laquelle l'Élysée oblige des préfets désemparés à organiser trois mois de réflexion sur l'identité nationale ¯ mais pas européenne ¯ rend suspecte la pureté d'une intention dont on connaît, par avance, les conclusions sur l'usage de la Marseillaise ou du drapeau tricolore.
Ecrit par : Bernard . | 03.11.2009
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