30.08.2009

Pour en finir avec le cumul des mandats

martine.jpgAinsi à La Rochelle : c'est sur le cumul des mandats que Martine Aubry a attaqué le plus fort. Elle a recueilli notamment une ovation lorsqu'elle a évoqué la question du «mandat unique pour les parlementaires». Une position toujours populaire chez les militants, beaucoup moins chez les élus.

Mais le projet ne concernera pas les régionales de mars, car «il est trop tard», selon la première secrétaire. Nul doute qu'à l'évocation de ces propos, certains concernés ont retenu leur respiration.

L'Homme politique moderne, n'est pas moderne. Il est le résultat d'institutions vieillissantes et d'un archaïque système politique. Un système qu'il est grand temps de changer, de faire évoluer afin de démocratiser un débat politique qui ne l'est plus, de renouveler et de diversifier le visage de nos élus. Il est temps de créer un Homme politique nouveau : d'en terminer enfin avec le cumul des mandats.

Il faut en finir avec l'accumulation du pouvoir dans les mains de quelques uns, pendant des décennies, sur plusieurs mandats

cricri.jpgLes responsables politiques français cumulent les mandats. Député, maire, président d'une communauté d'agglomération, maire d'une grande ville, et parfois ministre. Ils prétendent pouvoir assumer l'équivalent du travail de trois temps-plein par mois. Car pour justifier le cumul des mandats, les responsables politiques avancent tous le même argument : assumer plusieurs fonctions est un bon moyen pour rester au contact de la réalité, en cumulant fonction nationale et mandat local. Sauf que le cumul des mandats est une exception française, et les autres démocraties européennes fonctionnent aussi bien avec des responsables politiques qui n'assument qu'une seule fonction.

Depuis trop longtemps la France se prive de ses nouvelles énergies citoyennes et engagées.

Au final, la classe politique a deux choix : creuser d'autant plus le fossé entre gouvernants et gouvernés, ou acter le passage des institutions au XXIème siècle en adoptant une fois pour toutes le principe du non cumul des mandats. Ce n'est qu'au prix de cette nouvelle « nuit du 4 août des privilèges » que notre démocratie pourra réconcilier les français et leurs institutions.

Les français sont aujourd'hui une très large majorité à déconsidérer l'homme politique, estimant que ses multiples candidatures n'ont plus rien à voir avec un engagement profond et sincère. De même, il n'est pas sain pour la vie démocratique qu'une même personne puisse rester à la tête d'une collectivité pendant 20 ou 30 ans, il faut au contraire permettre à des femmes et à des hommes nouveaux de partager les responsabilités locales et nationales. Nos institutions doivent être profondément modernisées pour permettre un renouvellement régulier de la classe politique.

On a les hommes politiques qu'on mérite. On le sait bien.