01.04.2009
Rémunérations des patrons. Un décret poisson d'avril...

Décréter pour ne rien dire. Le décret sur la rémunération des patrons a été publié au Journal Officiel : techniquement, il ne sert à rien et concrètement, il préconise des mesures qui ne changent rien. Pour reprendre les termes de Nicolas Sarkozy, les patrons "malhonnêtes" pourront continuer à s'accorder des primes grassouillettes aux frais de la princesse.
Parachutes dorés chez Valeo, stock-options à la Société Générale, bonus en rafales chez Natixis et Cheuvreuxne marche pas", constataient les ténors de la majorité, Eric Woerth en tête. François Fillon dénonçait ceux qui "mettent en péril l'ensemble de notre système économique et social". Jean-François Copé annonçait une loi impitoyable dans les deux mois. (Crédit Agricole)... La polémique faisait rage sur la rémunération des grands patrons. Les membres de la majorité s'étaient reconvertis pour l'occasion en héros altermondialistes. Le code de bonne conduite du MEDEF "
Haro sur les patrons malhonnêtes !
Et Nicolas Sarkozy concluait ce feu d'artifice par un bouquet final impressionnant : "il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, d'actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat ou qui met en oeuvre un plan social d'ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel", car dans ces cas là, précisait le chef de l'Etat, les entreprises recourent aussi "aux fonds publics" qu'il ne serait pas "honnête d'utiliser à autre chose qu'au redressement d'une entreprise".
On allait voir ce qu'on allait voir... et on a vu !
Le décret n°2009-348 du 30 mars 2009 a été publié ce matin au Journal Officiel. Il n'a en réalité guère plus de valeur qu'un simple courriel, sans accusé de réception. D'entrée, l'article 1 précise que les mesures édictées ne pourront être valables qu'amendées aux conventions déjà signées avec les seules entreprises aidées. Il ne s'agit donc que de conseils qu'il faudra graver ensuite dans le marbre d'un contrat. Hormis les six banques et les deux constructeurs automobiles PSA et Renault, aucune autre entreprise n'est concernée. Le premier ministre s'en remettant sur ce point aux "sages" du MEDEF, ceux qui n'ont "ni le désir, ni l'envie", dixit Laurence Parisot, d'aller plus loin que ce qui existe déjà... et qui "ne marche pas" !
Poisson d'avril
Conclusion : un décret qui ne sert à rien (puisque ce sont les conventions qui comptent) préconise des mesures qui ne changent rien (puisque les dirigeants concernés avaient d'ores et déjà renoncé à leurs stock-options). Une sorte de poisson d'avril primo-ministériel...
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