25.02.2009
EMMAUS MARSEILLE: L’ETAT CONTRE LES PAUVRES !
L'Union syndicale Solidaires 13 dénonce l'interpellation d'un sans-papiers au sein de la Communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge la perquisition effectuée le 17 février 2009 dans la Communauté, et la mise en garde-à-vue toute la journée, du salarié co-responsable de la Communauté.
Les Communautés Emmaüs existent depuis plus de 60 ans. Elles accueillent sans distinctions (administrative, ethnique, religieuse, politique...) et sans limite de temps toutes les personnes qui le demandent et qui sont exclues par notre société.
L'Etat criminalise les salariés qui soutiennent cette population en leur proposant gîte, couvert et accompagnement social. Pour les salariés et bénévoles, oeuvrant de manière générale dans le champ social et humanitaire, le respect absolu de la loi ne peut pas se faire au détriment des valeurs déontologiques que sont la non-discrimination, le respect de la vie privée et le secret professionnel.
Par cet acte inqualifiable, l'Etat crée le délit de solidarité.
Encore une fois, il s'attaque aux plus pauvres, les plus vulnérables d'entre nous : les sans-papiers.
Est-ce là tout ce que la France a à offrir aux personnes les plus vulnérables qui vivent sur son sol ?
Ce n'est pas acceptable !
Dans notre société,des milliers de personnes vivent dans la peur constante d'un contrôle de police, n'ayant droit à rien, ne pouvant subvenir normalement à leur besoin. Des pans entiers de l'économie vivent grâce à ces personnes en situations irrégulières. Ainsi le gouvernement livre des milliers d'êtres humains à des exploiteurs sans foi, ni loi !
L'Etat est responsable de cette situation inique en refusant de régulariser les sans-papiers. La politique du gouvernement démontre son cynisme avec l'affaire Emmaüs. Elle consiste à couper tous les liens de solidarités avec tous les sans-papiers.
Ce n'est pas l'encouragement à la délation érigé en principe par le nouveau ministre de l'Immigration qui va permettre de mettre fin à l'exploitation des plus pauvres. Le but de sa manœuvre n'est pas de protéger les sans-papiers, mais de les repérer en les poussant à se manifester d'eux-mêmes Ils seront pris alors dans l'étau des lois anti-immigrés prises depuis quatre ans par le ministre puis président Sarkozy.
Nous n'avons pas entendu à ce sujet Martin Hirsch, rallié à cette politique : qu'aurait il dit s'il était encore président d'Emmaüs ?
Solidaires 13 apporte son soutien au salarié mis en garde à vue et à l'ensemble de la communauté concernée, soutient tous les salariés et bénévoles oeuvrant auprès des sans papiers et demandeurs d'asile, dénonce fortement ces types de pratiques contraires aux droits de l'homme et soutient toutes initiatives locales et nationales pour la régularisation de tous les sans-papiers.
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Commentaires
C'est bien mes camarades de vous battre pour les sans papiers, c'est le devoir de tout socialiste mais il vous faut ouvrir les yeux sur les droits des compagnons d'Emmaüs dans leurs propres communautés (associations loi 1901). Ils n'avaient aucun statut jusqu'à ce que le R.S.A de Martin Hirsch (ancien président d'Emmaüs France) leur en donne un qui légalise pratiquement l'esclavage moderne comme il est dit sur le blog de "désirs d'avenir". Un statut de sous citoyen travailleur bénévole qui les exclut du droit des travailleurs. Comme cela ils pourront être exclus de leurs communautés, comme avant le RSA, sans aucun préavis ni droit de défense, sur un simple claquement de doigt du responsable de la communauté. On appelle ça faire son sac...
Ecrit par : OTIN | 05.04.2009
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