29.11.2008

Le pays légal des socialistes n’est pas leur pays réel

LOUIS GAUTIER.jpgExtrait d’un article du Monde du 28/11/08 par Jean louis Gautier

- Délégué National du Parti Socialiste
- Conseiller maître à la Cour des comptes ;

Une chose est sûre : quand bien même le traumatisme électoral serait surmonté, le PS est devenu ingouvernable. L’épisode dramatique que le parti traverse montre d’ores et déjà que l’élection au suffrage universel du premier secrétaire, quand les autres instances dirigeantes du parti sont formées au prorata des suffrages obtenus par chaque motion, est une absurdité.

Deuxième leçon de cette crise, il n’est pas possible que le PS puisse prétendre organiser des primaires à gauche, s’il ne fait pas un grand ménage chez lui pour devenir à la fois une grande formation populaire et une formation vraiment démocratique.

Le PS souffre à la fois de ne pas ressembler à la société de ses électeurs et de ne pas incarner la communauté de ses militants. Il est écartelé entre plusieurs caractéristiques contradictoires. Comme machine électorale pour les présidentielles, il est un « parti attrape-tout » qui s’adresse plus à des sympathisants qu’à des adhérents. Il est surtout un parti d’élus, ce qui explique la dissociation souvent problématique entre les attentes de sa base militante et les préoccupations de la direction. Enfin, son fonctionnement est de plus en plus affecté par l’autonomie des fédérations en roue libre.

Le PS a du mal à drainer et à fidéliser ses sympathisants parce qu’il apparaît trop fermé sur lui-même. Le nombre d’adhérents au PS stagne. Le renouvellement des militants est problématique. La cotisation réduite à 20 euros avait permis de porter le nombre des adhérents de 130 000 à 210 000 en 2007 mais la déception engendrée par la défaite à la présidentielle et les terribles divisions du PS ont suscité depuis une hémorragie chez les nouveaux venus et les anciens militants dégoûtés.

D’où un parti réduit pratiquement de moitié à la veille du congrès de Reims et un fort taux d’abstention au moment du vote des motions. Le mal est profond et ne peut qu’empirer sans une régénération profonde du parti.

Depuis plusieurs années, le parti, ses fédérations, ses sections, semblent s’être claquemurés avec les résultats que l’on connaît. Le PS est une machine électorale moyennement efficace pour la présidentielle. Les fédérations vivent fermées sur elles-mêmes et verrouillent les investitures, tant pour les mandats locaux que pour les mandats nationaux et européens, ce qui est déraisonnable. Le Parti socialiste s’étiole. Il se vide par le bas. Il ne parvient pas à recruter en nombre des adhérents ni à garder les nouveaux. Il s’ossifie par le haut : il peine à diversifier l’origine et à rajeunir la population de ses élus.

Le PS doit prohiber certaines pratiques qui affectent son fonctionnement démocratique. La sélection des adhésions ne doit pas être un moyen d’obtenir des votes bloqués. Il est important que le contrôle des élections puisse à l’avenir être correctement assuré. Il faut enfin corriger le poids excessif de certaines fédérations qui sont historiquement accoucheuses de congrès. Il y a, en effet, au PS des bourgs pourris comme en comptait autrefois le Royaume-Uni.

Du coup, le pays légal des socialistes n’est pas leur pays réel. Que les congrès dépendent de quatre ou cinq grosses fédérations, sur une centaine, qui sont surreprésentées est une hérésie.

Il faut en finir avec certaines formes de clientélisme politique d’un autre âge, avec certaines pratiques politiciennes. C’est à quoi doit s’atteler en priorité la direction qui va prendre les commandes Rue de Solférino, tout son crédit en dépend. Le PS a besoin d’un vrai renouveau. Qu’on ouvre les portes, qu’on respire ; et basta les combines !

13.11.2008

PS: comment en est-on arrivé là?

gaetan-gorce-4.jpg Voici quelques extraits de la contribution présentée par le député Gaétan Gorce (juin 2008)

.."Pour rompre avec le système PS actuel, Pour cela, il nous faut sortir de la confusion

Nous savons qu’au fond de vous-même, vous en avez assez de cette situation qui réduit chaque militant, au mieux, au rôle de supporter, au pire, à celui de spectateur...

..Depuis trop longtemps, les querelles de personnes, les ambitions de présidentiables, ont supplanté la réflexion collective et le débat d’idées

..Depuis trop longtemps, le PS est géré par cooptation à travers des arrangements conclus entre des chefs de courant et de grandes baronnies locales, au détriment de la clarté et du courage politique" (Gaëtan Gorce, député de la Nièvre).

les forces en présence.JPG
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

..."Les solutions que nous préconisons supposent une rupture. Rupture avec les habitudes d’un parti ankylosé par ses courants, rupture par conséquent avec une règle, la proportionnelle qui ne sert plus que de prétexte à la préservations d'intérêts acquis"...

Le schéma çi dessous parle de lui même

la famille socialiste.JPG