samedi, 17 mai 2008

L'école publique est en danger

840635242.jpg"Les mesures du plan de réforme de l’enseignement primaire du Ministre de l’Education Nationale Xavier Darcos ont pour objectif annoncé la réduction de l’échec scolaire.

Le projet de programme du gouvernement va à l’encontre de la réussite de tous les élèves et pénalise ceux qui ont le plus besoin d’école : inadaptation des contenus, affaiblissement de la dimension culturelle des enseignements, conception mécaniste des apprentissages.

Les points les plus médiatisés de cette réforme ne peuvent que rassurer certains parents d’élèves et remporter leur adhésion : suppression du samedi matin travaillé pour les élèves (semaine de 4 jours), nouveaux programmes, heures de soutien aux élèves en difficulté (assurées par les enseignants, sur les heures récupérées le samedi matin), stages de remise à niveau (assurés par des enseignants volontaires pendant les vacances scolaires).

Mais pour les enseignants et de nombreux parents, cela pose d’autres questions, et cela génère de l’inquiétude …

Comment lutter contre l’échec scolaire en supprimant deux heures de cours par semaine ? Et avec des programmes très alourdis par rapport à ceux de 2002 ?

Comment lutter contre l’échec scolaire en supprimant 11 200 postes dans l’Education Nationale dès l’année prochaine (80 000 dans les quatre ans à venir)? Comment assurer le suivi individuel des élèves quand les classes seront surchargées ?
La prochaine rentrée scolaire s’annonce difficile du fait de ces suppressions de postes et des nombreuses heures supplémentaires qui vont être imposées, au détriment des élèves, aux enseignants.

Comment lutter contre l’échec scolaire en fondant l’enseignement sur des programmes tournés vers le passé, qui prônent la seule voie de la répétition et de la mémorisation de mécanismes sans réflexion, appropriation, ni sens donné aux apprentissages ? On étouffe ainsi le développement de la pensée critique de l'élève, futur citoyen, car sa réflexion n’est plus sollicitée. Seuls les plus performants s’en sortiront, d’où un sentiment de consumérisme : l'école doit produire des élèves rentables.

Les nouveaux programmes, avec l’introduction de l’apprentissage de la lecture dès la grande section de maternelle contiennent en germe le recul de l’âge de la scolarité obligatoire à 5 ans (au lieu de 6 actuellement) et le transfert des classes de petites et moyennes sections sur les collectivités locales, comme cela se pratique actuellement dans d’autres pays européens (qui par ailleurs envient l’excellence de notre école maternelle).Ils ne tiennent pas compte du développement psychomoteur de l’enfant !

Tous les enfants doivent avancer au même rythme. La programmation par cycles n’existe plus, l’enfant n’est plus au centre du système éducatif. Les nouveaux programmes sont élitistes et donnent l’impression que la priorité actuelle n'est pas la réussite de tous mais de faire en sorte que l'école coûte moins cher à l’Etat.

Le temps de l’école qui tend à favoriser l’égalité des chances est- il révolu?

Tout cela est inacceptable pour tous mais surtout pour les générations futures!

vendredi, 16 mai 2008

" CINGLANT MÉPRIS " Tollé syndical

Service minimum d'accueil dans les écoles
Le président de la République vient d’annoncer qu’un projet de loi déposé avant l’été allait obliger les communes à mettre en place un service minimum de garderie dans les écoles fermées pour cause de grève. 106481890.jpg 
Le gouvernement et le président de la République se mobilisent pour créer les conditions d’un nouveau et détestable conflit, ayant pour objectif d’opposer et de diviser un peu plus encore nos concitoyens. Les véritables problèmes de l’Éducation nationale méritaient un autre engagement, une autre déclaration d’intention, que cette fuite en avant démagogique et irresponsable.  
449832132.jpgDans un entretien accordé à «  La Gazette des communes (12/5), Jacques Pélissard confirme que, comme elle l’avait indiqué dans un communiqué du 8 janvier dernier, l’AMF estime qu’ « il n’appartient pas aux communes de suppléer l’Education nationale en cas de grève des enseignants
Interrogé par l'AFP, le président de l'AMF a précisé que si "la continuité de service public s'impose à chaque service public", cette mission "n'est pas de la compétence des communes". "Ce rôle de supplétifs des enseignants en grève n'est pas le notre".  "Si demain les éboueurs de ma commune sont en grève, je ne vais pas aller demander aux instituteurs d'aller ramasser les poubelles", a encore dit M. Pélissard. "C'est une question de principe".
"les maires ne joueront pas un jeu faussé", avertit l'AMF

Pour sa part, dans un communiqué daté du 6 mai 2008, André Laignel, maire d’Issoudun et secrétaire général de l’AMF, estimait «dans la continuité de la déclaration de l’AMF du 8 janvier dernier, (…) que c’est à l’Education nationale d’organiser ce service minimum, car il n’est pas question de reporter la responsabilité de l’Etat sur des acteurs communaux étrangers aux conflits ayant conduit à la grève.» Il «rappel(ait) que l’organisation d’un tel service peut être laissée à l’appréciation de chaque commune, mais attire l’attention de ses collègues maires sur les conséquences, en termes de responsabilités, d’incidents qui pourraient survenir dans le cadre de cet accueil par des personnels non éducatifs.»

mercredi, 14 mai 2008

Gros couac de la majorité sur le projet de loi OGM

OGM or not OGM  dessin de Delize
A revoir les deux posts du blog consacrés à ce sujet
Environnement : Un Grenelle pour rien du jeudi, 24 avril 2008
LES OGM GREENPEACE édite un guide du mercredi, 23 avril 2008
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banane-ogm.jpegLe projet de loi OGM est rejeté !

Enorme surprise à l’Assemblée nationale: le projet de loi controversé sur les OGM a été rejeté à la suite de l’adoption d’une motion de procédure du PC. Le texte devra être représenté au Sénat et à l’Assemblée.

Le projet de loi controversé sur les OGM a été rejeté mardi par l’Assemblée nationale, après l’adoption surprise, à une voix près (136 contre 135), d’une motion de procédure PCF défendue par André Chassaigne.

Ce texte qui tournait le dos au Grenelle de l’environnement constituait en effet une grave erreur politique que le gouvernement vient de payer.conformément à ce que souhaite une maorité de français:  le droit à une agriculture garantie sans OGM.

Cela a été un vrai coup de théâtre au Palais-Bourbon. Les députés ont adopté mardi après-midi 13 mai une question préalable déposée par le Parti communiste sur le projet de loi sur les OGM, signifiant le rejet du texte en deuxième lecture.
La motion de procédure a été adoptée par 136 voix contre 135 lors d’un vote solennel, en raison d’une présence insuffisante des députés UMP dans l’hémicycle et de l’abstention de deux membres de la majorité.
Sur les 316 membres du groupe UMP, seulement 130 étaient présents au moment du vote. Un député UMP, François Vannson, et le Nouveau centre François Rochebloine se sont abstenus. Les 136 députés socialistes, communistes et Verts présents ont voté la question préalable.
La gauche a salué l’adoption de la motion de procédure par une explosion de joie.

Le Premier ministre François Fillon a aussitôt décidé de convoquer la Commission mixte paritaire Sénat-Assemblée pour soumettre à nouveau le texte «au vote des deux chambres».
“Le texte est rejeté”, a déclaré dans un large sourire la présidente de séance, Catherine Génisson (PS).

Dès l’annonce du rejet du texte, des clameurs se sont fait entendre aux abords du Palais-Bourbon où manifestaient des anti-OGM.
Le dernier texte en date rejeté par l’Assemblée via une motion de procédure remonte à celui sur le PACS.

Alain Renaldini avec AFP, AP et Libération.fr
dans
http://iledere.parti-socialiste.fr/

samedi, 10 mai 2008

COMMUNIQUE de PRESSE

1419728978.JPG« La Section du Parti Socialiste de la Vallée du Paillon, qui regroupe les adhérents des communes de Contes, Drap, La Trinité et Saint André de la Roche, a tenu son Assemblée Générale le 6 mai 2008, faisant suite aux élections municipales de Mars dernier.

            En vue des prochaines échéances du Parti Socialiste : Convention Fédérale de début juin et Congrès National de novembre, la section a procédé au renouvellement de son Bureau autour du Secrétaire de Section : Paul GUERRIN, ancien adjoint au Maire à La Trinité.

            La section a enregistré les nouvelles adhésions qui viennent la renforcer. Elle assurera la représentation des socialistes des communes concernées dans les instances départementales du Parti Socialiste.

            Par ailleurs, la Section du Parti Socialiste de la Vallée du Paillon entend s’affirmer et s’exprimer sur les enjeux d’aménagement et de développement économique des communes de la vallée, tant à leur niveau propre que dans les structures intercommunales dans lesquelles elles sont engagées.

            La permanence de la section est assurée tous les samedi matin de 10 h 30 à 12 h 30 au : 21 boulevard Général De Gaulle à La Trinité. »

 

vendredi, 09 mai 2008

LOGEMENT : RIEN POUR LA MIXITÉ SOCIALE ET CONTRE LA SPÉCULATION IMMOBILIÈRE

437863679.jpg« Je veux inciter à la construction de logements pour faire baisser les prix. Je veux que le droit au logement soit opposable devant les tribunaux, afin que les pouvoirs publics soient obligés d’agir pour assurer la construction d’assez de logements dans toute la gamme des besoins ».

 ( Programme de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ).

La spéculation continue !

Les prix du logement ont doublé en dix ans, faisant passer l’effort moyen des Français pour se loger de 15 % à 25 % de leur budget. Cette explosion tient tant à la spéculation sur les loyers qu’au poids des charges : la nouvelle augmentation du prix du gaz vient s’ajouter aux hausses de loyers. La baisse du niveau de vie des Français s’explique en bonne partie par cette envolée, qui pèse durement sur les ménages populaires. Il n’est pas rare, notamment dans le parc privé pauvre, que la part du budget affectée au logement atteigne 33 à 45 %. Que leur reste-t-il alors pour vivre ? C’est la raison pour laquelle l’augmentation des aides au logement (APL etc.) était bien plus urgente et nécessaire que la déduction des intérêts d’emprunts du paquet fiscal.

Logement social : toujours plus de ghettos, toujours moins de mixité

Le projet de loi sur l’accès aux HLM fait passer le parc social du statut de parc populaire à celui de parc de pauvres, avec pour conséquences un important recul de la mixité sociale et une aggravation des ghettos. La vente en masse des HLM à leurs occupants répond au mythe d’une France de propriétaires, image en décalage avec les réels besoins de catégories moyennes et populaires. Quant au durcissement des expulsions (12 000 prévisibles en 2008), il est en contradiction avec la loi « DALO » sur le droit opposable au logement.

Financement du logement social : la destruction systématique des circuits.

La droite s’apprête à voter le projet Boutin/Sarkozy de démantèlement du circuit du Livret A, en banalisant à la fois sa distribution et sa centralisation à la Caisse Des Dépôts & Consignation, pour satisfaire les banques et les aider à reconstituer leurs dépôts après les déboires des subprimes. Une mise en cause du circuit du 1 % logement, qui finance la moitié du plan de rénovation urbaine en plus des aides au logement des salariés, est à l’oeuvre. L’objectif est de faire un cadeau, au prix social fort, à des employeurs qui n’en demandaient pas tant. Tout pour les banques et les marchés, tout pour les rentiers et les fonds qui vivent de la spéculation immobilière au détriment du pouvoir d’achat, du droit au logement et de la mixité sociale. Voilà le bilan d’un an de Sarkozy sur le logement ! Les socialistes souhaitent un développement ambitieux du logement social (constructions de 120 000 logements sociaux par an, respect obligatoire de la loi SRU), l’amélioration des rapports locatifs (encadrement des loyers, limitation à 25 % des revenus de la dépense logement des ménages modestes), la mise en place d’un système obligatoire, universel et mutualiste de garantie des risques locatifs, l’accompagnement de l’accession sociale à la propriété, le développement de l’hébergement et l’accueil d’urgence.

 

 

jeudi, 08 mai 2008

Les prix dans la grande distribution: un marché de dupes

1048000780.jpgAlors que l’inflation repart de plus belle, que le pouvoir d’achat des Français ne cesse de baisser, le gouvernement veut mettre en place des mécanismes censés favoriser la concurrence pour faire baisser les prix dans la grande distribution.

Il s’agit en réalité pour le gouvernement de favoriser l’extension des grandes surfaces et de donner plus de liberté aux mêmes distributeurs, qui ainsi renforceront leur mainmise sur l’ensemble du processus de consommation.

Les lois Raffarin puis Royer, les mesures prises par le Ministre de l’Économie Sarkozy en 2004, n’avaient d’autre but que de renforcer la concurrence, censée faire baisser les prix à la consommation. Elles n’ont nullement empêché la hausse vertigineuse des prix, notamment des produits de première nécessité, la dégradation des conditions de travail dans ces entreprises, et la pression insupportable sur les producteurs. On peut s’inquiéter des effets pervers, déjà à l’oeuvre, d’un tel système : renforcement des monopoles, disparition du petit commerce, avec pour corollaire des disparitions d’emploi, dévitalisation économique des centres-villes. On peut aussi craindre une amplification de la dégradation des conditions de travail dans la grande distribution.

En outre, ces dispositions vont renforcer le pouvoir et l’influence des grandes marques de distribution, qui vont davantage encore pouvoir imposer leurs diktats, leurs choix, leurs prix, avec les conséquences que l’on connaît pour les petits producteurs. Des dispositions concrètes et coercitives doivent aujourd’hui être prises pour encourager une saine concurrence, en faisant en sorte que des enseignes différentes soient présentes sur une même zone de chalandise, et en interdisant expressément les ententes tacites. Il convient également d’en finir avec les marges- arrière, causes de charges inacceptables.

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 Le gouvernement condamne les pauvres au hard-discount

Pour permettre la baisse des prix dans les grandes surfaces, le gouvernement propose l’élargissement des possibilités d’implantation de supermarchés dans des zones où la concurrence est mal assurée. Ceci favorisera l’arrivée de nombreux hard-discounters.

Apparemment les deux types de magasins appartiennent aux mêmes groupes et les profits ne sauraient retomber dans d’autres poches.(voir organigramme ci-dessus) Mais les prix devraient, à en croire le gouvernement, baisser inévitablement, du fait d’une concurrence facilitée par la création de nouveaux magasins.

Le hard-discount n’est pas toujours une bonne affaire. De plus, on constate dans ces magasins des tarifs parfois supérieurs à ceux des supermarchés, avec une offre de produits restreinte, des conditionnements en grande quantité et une date de péremption raccourcie.

Au bout du compte, le hard-discount est peut-être le moyen le plus avantageux pour les grands groupes de se débarrasser des surplus ou invendus, par l’intermédiaire de pratiques commerciales attractives leur revenant moins cher que la destruction. Ils y gagnent à tous les coups. D’autant que le reste des courses est à effectuer dans les supermarchés classiques, car pas moyen de tout trouver chez les hard-discounters.

Résultat, des courses qui deviennent un parcours du combattant, obligeant les consommateurs à jongler avec une calculette, des volumes plus importants pour payer moins cher et des dates de consommation à respecter rapidement: on consomme donc plus et plus mal.

Tant pis pour l’équilibre alimentaire

Car il ne faut pas se leurrer, le jambon premier prix du hard-discount n’est pas de la même qualité que celui du charcutier; pas besoin d’être un gastronome pour s’en apercevoir. Ce qu’il y a de plus critiquable à mon avis, c’est le mode de pensée définitivement accepté par le peuple.

Au lieu de permettre à chacun de prétendre aux produits vendus en grandes surfaces, le gouvernement préfère privilégier l’achat de produits moins chers. Et tant pis pour la qualité. Ceux qui pourront se le permettre achèteront plus cher, les autres mangeront moins bien. Moins de viande ou moins de légumes frais, et plus de Coca ou de Nutella.

Des couches irritantes et des lessives bas de gamme qui détériorent les machines, voilà le futur supermarché pour les pauvres. Pas sûr que la santé publique n’en ressente pas un jour les effets, et encore moins sûr que le portefeuille s’en trouve mieux. Peut-être qu’en achetant 30 yaourts je paierai moins cher l’unité, mais si je dois les consommer plus vite, je varierai moins mon alimentation.

Et tant pis pour le goût, tant pis pour l’équilibre alimentaire. Puisque je suis pauvre. Et qu’apparemment je le resterai.

mercredi, 07 mai 2008

A chacun son anniversaire : Cherchez l’erreur

« Je comprends la forte inquiétude des retraités qui subissent depuis dix ans une véritable  érosion de leur pouvoir d’achat. J’augmenterai de 25 % le minimum vieillesse, je revaloriserai les petites retraites et les pensions de réversion pour que ces retraités vivent mieux. » (programme de campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy)332682355.jpg

Merci à Popette pour l'illustration

Hausse des retraites de 0,8% au 1er sept 2008.

 Nicolas Sarkozy annoncé que l'ensemble des retraites serait augmenté le 1er septembre de 0,8%, en plus de la hausse de 1,1% annoncée en janvier.  

Soit 1.9 % sur 12 mois  glissants. La prochaine revalorisation interviendra comme prévu le 1er avril 2009. Cette revalorisation de l'ensemble des retraites doit couvrir, selon l'Elysée, la progression de l'inflation pendant l'année 2008.

Les prix à la consommation en France ont augmenté de 3,2%, selon l'Insee.

Six millions de personnes âgées vivent avec des pensions largement inférieures au Smic.

1 million de personnes retraitées connaissent la pauvreté.

620 000 relèvent du minimum vieillesse.

 

mardi, 06 mai 2008

Sarkozy, 1 an déjà : retour sur une année catastrophique

 

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1444952539.jpgAujourd'hui 6 mai , il y a donc tout juste un an que Mireille Mathieu braillait « Mille Colombes » sur la Place de la Concorde devant une foule de gogos qui croyait encore que pour gagner plus il suffisait de travailler plus. L’ex-égérie de la chanson française des années 60 était là avec toute la fine fleur du sarkozisme et des courtisans du nouveau régime. Le Leader Minimo, lui, jubilait sur l’estrade. Normal. Même s’il ne put réfréner un énième mensonge (« Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas »), il avait tout de même gagné l’élection présidentielle. Qu’importe si la victoire avait été arrachée aux termes d’une campagne démagogique, populiste et sécuritaire. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse et ce d’autant plus qu’il venait de faire un bon gueuleton au Fouquet’s et s’apprêtait, dès le lendemain, à « méditer » sur le yacht prêté par le milliardaire Vincent Bolloré avec celle qui s’appelait – encore – Madame Cécilia Sarkozy. C’était le temps où celui qui n’est jamais parvenu à habiter la fonction présidentielle pensait qu’il suffisait de dire les choses pour qu’elles se réalisent et de chercher la croissance avec les dents pour que celle-ci remonte. Vouloir n’est pas forcément pouvoir, surtout quand on a promis aux Français ce que l’on savait pertinemment ne pas pouvoir tenir. Sarkozy l’a-t-il seulement compris ? Il paie chèrement aujourd’hui les conséquences de son incommensurable complexe de supériorité. Son paquet fiscal, voté en toute hâte dès les premières semaines de son mandat, porte à lui seul la marque d’une politique inefficace et résolument de droite. Depuis cette mesure qui a lourdement pénalisé le budget de l’Etat, c’est la fuite en avant et une succession ininterrompue d’échecs, ponctuées de temps en temps par des comportements colériques, ridicules et, parfois, comiques. Une question angoissante se pose : « Mais jusqu’où ira-t-il ? » On n’ose formuler une réponse tant il semble qu’avec Sarkozy, le pire est toujours à venir.

Nicolas Sarkozy, doux aux forts, dur aux faibles.  

lundi, 05 mai 2008

"Je veux une France de propiétaires"

1868104781.jpgSources, crédit et copyright : « Le blog de SLOVAR »

Suivant infos : Le Moniteur , l’ UMP ,  Le FIGARO,  L’EXPANSION.

C’était dans un discours au Havre le 29/05/2007 que Nicolas SARKOZY lançait cette phrase en forme d’engagement.

N’avait-on rien fait auparavant dans les gouvernements auxquels appartenait notre actuel président ?

Certains se souviennent pourtant qu’un dénommé Jean-Louis BORLOO ministre de la cohésion sociale avait lancé avec “fracas” les maisons à 100 000 €.

Retour sur actualité : Initié par Jean-Louis BORLOO, la maison à 100 000 € a on le sait fait” long feu”.

Mais c’était lors d’un précédent quinquennat répondraient les porte paroles de l’Elysée et de Matignon réunis. Oui, seulement, c’était en 2006, c’est à dire il y a fort peu de temps.

Un adage populaire dit qu’en cas de chute de vélo, il faut toujours remonter dessus immédiatement. C’est en quelques sorte ce que le gouvernement toujours à l’affût de mesures … de communication, a fait par la voix de Christine BOUTIN qui officiellement lancé les maisons à 15 € … par jour pendant … 40 ans.

Il nous revient en mémoire le sketch savoureux de CHEVALLIER et LASPALES où deux propriétaires de maisons “au rabais” qu’ils ont été obligés de terminer eux même énumèrent les avatars qu’ils ont subit. Notamment la chute du sketch : “Je finis par me demander si je vais pas être obligé de la revendre pour payer le crédit”

Si nous avons été un grand nombre à en rire, Madame BOUTIN, elle, est sérieuse !!!

Comment peut-on obtenir une maison à 15 € par jour ? C’est l’Expansion qui nous en donne les clés

“La maison à 15 euros par jour est destinée aux primo accédants à revenus modestes. En clair, à tous ceux qui « jusque là étaient exclus du monde de la propriété » déclare à L’Expansion.com Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs constructeurs, un des 150 partenaires à ce jour de l’opération.

Cela étant, le ticket d’entrée est soumis à une poignée de conditions préalables : n’être pas déjà propriétaire de sa résidence principale, avoir au moins 2 enfants, convoiter une zone bénéficiant d’une aide délivrée par une collectivité locale et disposer au maximum de 2 SMIC pour l’année 2006. Soit pour 2 adultes, au maximum 31 588 euros ou 35 525 euros selon que la résidence est située en région parisienne et sur la côte d’Azur ou bien sur le reste du territoire.

2. Comment fonctionne le dispositif ?

Toute l’astuce du meccano monté par les équipes de Christine Boutin consiste à dissocier l’achat du bâti de celui du foncier via le système du Pass-Foncier (c’était du reste déjà le cas avec Borloo). En fait, le candidat paye en deux temps : d’abord sa maison sur 20 ou 25 ans, puis après, le terrain sur lequel elle est construite sur 10 ou 15 ans. Dans l’intervalle, le portage est assuré via l’organisme du 1% logement. Ce qui au total donne un projet s’étalant sur 37 à 38 ans! Le tout pour des mensualités n’excédant pas un loyer “classique”, soit de l’ordre de 15 euros par jour, ou encore 450 euros par mois. En bout de course, la valeur de la maison « Boutin » oscillera en moyenne entre 150 et 185.000 euros. Deux banques sont associées au programme : l’Ecureuil et le Crédit Foncier. Les collectivités locales, elles, sont priées d’abonder à hauteur de 3 ou 4 000 euros par dossier …/ … ”

Y a pas, en France à défaut de pétrole on a toujours des idées … surtout lorsque les caisses sont vides.

Il est intéressant de noter quelques réactions d’internautes pêchées sur des forums sur ces maisons à 15 €

Quelques réactions sur “Une maison à 15 euros par jour… pendant 40 ans”, article publié sur le MONITEUR par exemple

Extraits

Quelle misère! On est en pleine régression. Quand va-t-on arrêter de faire rêver les gens sur ce délire pavillonnaire que Tim Burton adore parodier dans ces films.

A la limite, les maisons des ouvriers mineurs du Nord avaient l’avantage, tout en disposant d’un bout de potager (complément alimentaire… ça pourrait redevenir à la mode), d’être mitoyennes. Cela réduisait les déperditions de chaleur sur les faces latérales et optimisait l’espace. Elles sont construites comment et avec quoi ces maisons ? A quoi ressembleront-elles au bout de 40 ans? Il est vraiment temps de faire avancer en France l’idée du logement collectif intelligent, durable et humain. Car un champ de betterave transformé en lotissement de mini pavillons me paraît bien moins socialisant, bien moins humain qu’un ensemble de logements collectifs d’une hauteur raisonnable, accessible et disposant d’équipements sportifs, sociaux et culturels … / …

La maison à 15€/jour est un non sens écologique, énergétique et également un non sens en matière d’aménagement du territoire. Par contre devenir propriétaire d’un “logement à 15€/jour” (ou même moins… 2€/jour par exemple) en bâtiment collectif avec CE solaire (ou autre) et une performance énergétique du niveau prôné par le Grenelle aurait beaucoup plus de sens.Les arguments de votre journaliste sont excellents, mais de quel droit une élite peux ce permettre de “parquer” une partie de la population ! De plus qu’est qui empêche de créer de nouvelles zones industrielles à taille humaine dans l’environnement proche des nouvelles zones d’habitations ? … / …

Pour faire suite à vote article sur la maison à 15 €/jour ou à 450 €/mois, je ne comprends pas tous ces politiciens qui essaient de nous faire croire à leurs solutions miracles avec la possibilité d’être propriétaire pour si peu d’argent. Comment se passera l’achat du terrain dans 20 ans? Quel sera sa valeur? Comment revendre sa maison dans 5 ans, 10 ans ?
Pourquoi n’optent -ils pas pour une solution beaucoup plus simple et réalisable à moindre coût, à savoir : obliger les organismes de logements sociaux ou semi sociaux à vendre au-delà de 15 ans leurs biens à leurs locataires avec une remise sur le coût de la maison en rapport avec le nombre de loyers versés. Cette procédure leur permettrait également d’obtenir un auto financement pour la réalisation de nouvelles maisons qui pourraient être vendu dans 15 ans elle aussi.

De plus un organisme de logements sociaux ne devrait pas être en place pour faire trop de bénéfice. Il devrait avoir un fond de roulement qui lui permet de faire fonctionner ses équipes de gestion de leurs patrimoines et de pouvoir intervenir sur des travaux éventuels. Un bien qui serait vendu tous les 15 ans n’aurait pas besoin de remise en état, de ravalement de façade, etc. Tout cela bien sur est une réflexion personnelle, mais pourquoi pas ? … / …

Le FIGARO pousse même le bouchon assez loin : “A l’instar de Jean-Louis Borloo, lors du lancement des maisons à 100.000 euros, elle entend répondre au problème de l’accession à la propriété des plus modestes en France. Ses détracteurs dénoncent l’opération de communication rappelant le fiasco de la «maison à 100.000 euros». Lors de sa conférence de presse, la ministre a insisté : «Cette maison (…), ce n’est pas la maison Borloo. Cela n’a rien à voir, c’est un projet totalement nouveau…» A y regarder de plus près les deux dispositifs se ressemblent pourtant … / … ”

C’est dire si cette France de propriétaires a déjà un peu de plomb dans l’aile. Comme malheureusement tant d’autres engagements et promesses disponibles dans le programme du candidat dont le slogan était : “Ensemble tout est possible”

A moins qu’un redéploiement des aides au logement comme …. dans le cas d’un certain RSA avec sa prime à l’emploi …

Slovar

 

samedi, 03 mai 2008

Des pauvres de plus en plus pauvres et des riches de plus en plus riches!

2140199899.jpgPublication du rapport 2007-2208 de l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

La pauvreté reste stable en France mais s’aggrave chez ceux qui sont touchés, tandis que le nombre de travailleurs pauvres augmente, selon le cinquième rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (Onpes), rendu public le 29 avril.

Juste un petit extrait sur le rôle déterminant de l’emploi dans les trajectoires :

"Dans un contexte où la baisse du nombre de demandeurs d’emploi enregistrés à l’ANPE s’accompagne d’un développement de l’emploi précaire, l’emploi joue un rôle déterminant dans l’entrée ou la sortie de la pauvreté. L’emploi à temps plein continue à protéger de la pauvreté. Le taux de pauvreté des actifs en emploi est très inférieur à celui des inactifs, sauf en ce qui concerne les retraités. Toutefois, l’analyse de la situation des travailleurs pauvres montre que 1,7 million de personnes, soit 7% des travailleurs, occupent un emploi mais sont malgré tout dans un ménage dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté".

Ecrire des rapports ultra précis est une chose. A l’évidence on sait faire en France. Si cela pouvait au moins aider à trouver des solutions, des politiques efficaces. C’est hélas un peu plus compliqué ...

744982653.jpg LIEN ;   Télécharger le rapport complet 3.3 Mo Pdf 

Pauvreté : en moyenne, selon l'Onpes, les travailleurs pauvres ont perçu 775 euros par mois au titre de leur activité, soit environ la moitié des revenus d'activité moyens de l'ensemble des travailleurs alors qu'une grande majorité d'entre eux (78%) occupent un emploi toute l'année, dont 21% ayant principalement un emploi à temps partiel.
Ainsi, l'écart entre le niveau de vie médian des ménages pauvres et le seuil de pauvreté s'accroît depuis 2002, ce qui signifie que la pauvreté est «plus profonde» selon le rapport. En 2005, une personne pauvre sur deux avait un niveau de vie inférieur à 669 euros par mois.

Chômage : le nombre de chômeurs inscrits fin mars à l'ANPE en catégorie 1 a augmenté de 0,4% comparé à février (+8.200 personnes) et atteint 1,905 million.
"Seuls six demandeurs d'emploi sur dix sont indemnisés", souligne l'Onpes qui relève également une hausse du nombre de travailleurs pauvres dans une fourchette de 30.000 à 100.000 personnes entre 2004 et 2005.

L'un des constats dressés par l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale dans un rapport remis mardi 29 avril au gouvernement :

des pauvres de plus en plus pauvres et des riches de plus en plus riches!

 
Consommation : après un rebond en février, la consommation des ménages français a de nouveau décroché en mars, reculant de 1,7%.
Autre sujet d'inquiétude: le ralentissement du marché immobilier. Les mises en chantier de logements en France ont baissé de 9,9% entre janvier et mars, à 92.110 unités, alors que les permis de construire ont chuté de 15,5%, à 120.528 unités, a annoncé mardi le ministère de l'Ecologie.

 

jeudi, 01 mai 2008

Le moral des ménages français s'est encore dégradé (11è mois consécutif)

913301881.JPGLe moral des ménages français, mesuré chaque mois par l'INSEE depuis 1987, a encore touché le fonds. C'est son niveau le plus bas de l'histoire. Il a encore chuté d'un point en avril. Minés par l'inflation, les ménages sont plus pessimistes concernant les perspectives d'évolution du niveau de vie en France ainsi que sur l'évolution de leur situation financière personnelle. 

 L'une des principales causes est la baisse constante de pouvoir d'achat des plus défavorisés et des classes moyennes. Cette inflation est notamment visible dans l'alimentation, les dépenses de santé (une hausse en grande partie fabriquée par les déremboursements et les franchises instaurées sur les boîtes de médicament, sur les actes médicaux et sur les transports sanitaires), sur le coût excessif du logement et bien sûr dans le prix des carburants à la pompe et la hausse du prix du gaz. 

 La chute depuis l'élection de Nicolas Sarkozy est vertigineuse. Choc de confiance ? Choc de défiance ! Au mois d’avril, les ménages sont plus pessimistes sur les perspectives d’évolution du niveau de vie en France.

mercredi, 30 avril 2008

Retraites : travailler plus pour toucher moins

 La retraite à taux plein, de moins en moins accessible

524118602.JPGAvec le sens de la démocratie et du dialogue social qui le caractérise, le gouvernement français a ouvert, lundi 28 avril, les négociations sur les retraites en en donnant d’emblée le résultat : d’ici 2011, les salariés devront travailler 41 ans avant de pouvoir prendre leur retraite.
Compte tenu de l’allongement des études et des difficultés d’entrée dans la vie active, il sera quasiment impossible pour les générations futures de partir en retraite avec une pension complète. C’est une manière de baisser le pouvoir d’achat en en faisant porter la responsabilité au salarié lui-même (il n’a qu’à travailler plus longtemps).
Pourtant, le plus souvent, les salariés se retrouvent expulsés de leur entreprise après 55 ans. Rappelons que le gouvernement, qui fait semblant de tancer le patronat sur cette question, a supprimé l’an dernier l’amendement Delalande qui permettait de taxer les entreprises licenciant les salariés plus âgés.

Les questions absentes de la réforme

- La précarité salariale avec ses effets sur le niveau des pensions.
- La pénibilité des métiers et sa conséquence, la profonde inégalité d’espérance de vie à 60 ans.
- Le taux d’activité des salariés âgés de plus de 55 ans, qui est resté au niveau de 2003 soit 38 %.

Aujourd’hui les nouvelles propositions du gouvernement restent insuffisantes et décalées en termes de pouvoir d’achat et de niveau des pensions. Elles laissent de côté 6 millions de retraités vivant avec moins que le SMIC. N’oublions jamais que les titulaires du minimum vieillesse ne représentent que 10 % des petites pensions.

866556092.JPGLes réponses syndicales 

La quasi-totalité des syndicats de salariés a rejeté le plan. La Confédération générale du travail (CGT) appelle à faire de la manifestation du 1er mai un « moment fort de la mobilisation » et à se joindre, avec Force ouvrière (FO) et la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), à la manifestation des enseignants et de la fonction publique le 15 mai.

Au lendemain de la confirmation des orientations gouvernementales en matière de retraite, les cinq centrales CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC ont convenu de faire du 22 mai prochain une journée nationale interprofessionnelle d'action et de manifestations "pour la défense de la retraite solidaire". Elles expliquent, dans un communiqué commun, avoir pris cette décision "face au blocage gouvernemental sur les principales propositions des organisations syndicales ».

mardi, 29 avril 2008

Franchises médicales : le plan Alzheimer l'arnaque ?

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Les franchises médicales instaurées depuis le 1er janvier 2008 – 50 centimes par boîte de médicament ou 2€ par transport sanitaire – ont été créées selon le gouvernement pour abonder les lignes de crédit affectées au plan Alzheimer et à la lutte contre le cancer.

 Source : nouvelobs.com : 23/04/2008 

Selon l'association des présidents de maisons de retraite, "le plan Alzheimer annoncé par le Président de la République en début d'année n'est alimenté par aucun crédit nouveau".

Pour le plan Alzheimer (vous savez, le prétexte pour l’instauration des nouvelles franchises médicales), tout va bien… Jugez-en plutôt:
Selon l’association des présidents de maisons de retraite, “le plan Alzheimer annoncé par le Président de la République en début d’année n’est alimenté par aucun crédit nouveau”.
“Ce plan est donc la simple continuation des petits plans antérieurs, avec même un ralentissement de la dynamique puisque le budget 2008 connaît la plus faible augmentation depuis 2000″, poursuit l’association (association des présidents de maisons de retraite - AD-PA).
Dans Le Monde daté de jeudi, le Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa) a également déploré l’absence de lien entre le produit des franchises et le financement du plan Alzheimer.

Les franchises médicales instaurées au début du mois de janvier par le gouvernement « n’ont servi en rien à financer l’aide aux personnes âgées » comme l’avait promis le chef de l’Etat dans le cadre du plan Alzheimer, a affirmée, mercredi 23 avril, l’association des présidents de maisons de retraite (AD-PA)
« les franchises médicales n’ont donc servi en rien à financer l’aide aux personnes âgées, mais ont juste permis de diminuer les dépenses de l’assurance maladie.

Encore un mensonge ou peut être que notre président a la mémoire qui flanche..., ça commence comme çà, non ?

 

lundi, 28 avril 2008

En finir avec les crises et les spéculations financières

1360353234.JPGLes crises financières sont la parfaite démonstration que si l’Histoire ne se répète pas, souvent elle bégaie. Egalement ces crises montrent les limites du libéralisme sauvage dont les tenants aiment à privatiser les profits. Et seulement les profits. Les pertes, elles, sont étatisées.

Ainsi, les crises financières ou les banqueroutes coûtent cher aux contribuables, qui via l’état met la main à la poche pour payer la casse et sauver les meubles.

“La crise financière, née aux Etats-Unis pendant l’été 2007, du fait des subprimes, éclaire à nouveau le beau métier de banquier. Fin 2007, comme en 2006, les principaux établissements de New-York distribuent de fabuleux bonus à leurs collaborateurs, de l’ordre de 35 milliards de dollars.
Lorsque vient le temps des sinistres, c’est le contribuable qui paye. En effet, dès lors que le risque est « systémique », que la situation met en péril l’économie du pays, voire du monde, les autorités publiques prennent le relais. Le retour de la confiance nécessite l’intervention des pouvoirs publics. Plus la banque est importante, plus le secours public est nécessaire.” (Jean Arthuis)

Il est temps de prendre réellement de dispositions pour que cesse ce scandale, faute de quoi, n’y a aucune raison de changer un système qui favorise ceux qui le maîtrise, indépendamment de leur performance…

La finance déréglementée détruit les sociétés. Silencieusement, au quotidien, quand les actionnaires pressurent les entreprises, c’est-à-dire les salariés, pour en extraire davantage de rentabilité, au Nord comme au Sud. A grand spectacle et avec fracas dans les crises aiguës où se révèlent brutalement les invraisemblables excès de la cupidité spéculative et leur contrecoup sur l’activité et l’emploi. Chômage, précarisation, accroissement des inégalités : les salariés et les plus pauvres sont voués à faire les frais soit de la spéculation, soit des nuisances du krach qui s’ensuit.

Depuis deux décennies, le cours de la finance mondiale n’est qu’une longue suite de crises : 1987, krach boursier ; 1990, crise immobilière aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ; 1994, krach obligataire américain ; 1997 et 1998, crise financière internationale ; 2000-2002, krach internet ; 2007-2008 enfin, crise immobilière et peut-être crise financière globale.

Pourquoi une telle répétition ? Parce que toutes les entraves à la circulation des capitaux et à l’« innovation » financière ont été abolies. Quant aux banques centrales qui ont laissé enfler la bulle, elles n’ont plus d’autre choix que de se précipiter au secours des banques et des fonds spéculatifs en mal de liquidités.

Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières
par Frédéric Lordon pourla pompe à phynance
         

samedi, 26 avril 2008

"Déshabiller Pierre pour habiller Paul"

528853095.jpgRSA : “Prendre aux pauvres pour donner à plus pauvres qu’eux

Nicolas Sarkozy nous délivre un nouveau concept :

" Trimer plus pour gagner moins "

Pour rappel, qu’est ce que le RSA :

Destiné aux travailleurs pauvres et aux bénéficiaires des minima sociaux (dans un premier temps ceux du RMI et de l’API, l’allocation parent isolé), le revenu de solidarité active (RSA) vise à inciter à la reprise d’une activité professionnelle grâce au cumul possible pendant trois ans d’un revenu du travail et des prestations sociales. Ce dispositif, défendu par Martin Hirsch, est destiné à faire sortir des bénéficiaires de la pauvreté.

Jeudi soir, Nicolas Sarkozy a en effet confirmé ce que certains craignaient: les économies nécessaires à la mise en oeuvre du RSA seront certainement faites par un "recentrage" de la prime pour l'emploi (PPE). Cette prime, qui est octroyée aux personnes à faible revenu, également dans le cadre de la politique d'aide au retour à l'emploi, profite "à 8 millions de Français aujourd'hui!", s'est exclamé le président. "Je veux le recentrer sur les Français qui en ont vraiment le plus besoin, et cela permettra de financer en partie la mise en place du RSA." Une décision largement contestée du côté de l'opposition et des syndicats.

vendredi, 25 avril 2008

Albert JACQUARD

275784433.jpgLes réflexions du professeur Jacquard sont toujours d’une grande lucidité et d’une généreuse profondeur . L’intelligence y est fille de sagesse plutôt que de prouesse. Son regard quand bien même il s’inscrit dans une vision utopique  n’en est pas moins fort intéressant à découvrir, à la fois pour sa profondeur, sa clarté, sa justesse et la sagesse de ses diagnostics. A notre époque remplie de bricolages superficiels, de bluff, d’opinions, et de contre-sens, de médiatisation à outrance, où tout le monde ne parle que de "réalisme" pour en fait imposer la dictature de l'argent,  il est utile d’entendre un discours aussi riche pour notre éveil intellectuel, cela nous change des pénibles discours des princes qui nous gouvernent.

href="http://www.dailymotion.com/video/x14ax7_albert-jacquard-dec-1995-a-beaubour_politics" mce_href="http://www.dailymotion.com/video/x14ax7_albert-jacquard-dec-1995-a-beaubour_politics">Albert Jacquard dec 1995 à Beaubourg
Vidéo envoyée par discours d'Albert Jacquard lors du forum des sans, à Beaubourg , pendant les grèves anti-Juppé de novembre et décembre 1995:

Moi, Albert Jacquard, ministre de l’Éducation, je décrète ...

Par Albert Jacquard

Préambule : L’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir. Moi, ministre de l’Éducation nationale, je n’ai qu’une obsession : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regarder les autres et leur environnement, à écouter, discuter, échanger, s’exprimer, s’émerveiller. À la société de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entreprises d’organiser les évaluations et la formation de leur personnel à l’entrée des fonctions. Il faut que les rôles cessent d’être inversés : l’éducation nationale ne produira plus de chair à profit.

Article premier : Il faut supprimer tout esprit de compétition à l’école. Le moteur de notre société occidentale est la compétition, et c’est un moteur suicidaire. Il ne faut plus apprendre pour et à être le premier.

Article deuxième : L’évaluation notée est abandonnée. Apprécier une copie, ou pire encore, une intelligence avec un nombre, c’est unidimentionnaliser les capacités des élèves. Elle sera remplacée par l’émulation. Ce principe, plus sain, permettra la comparaison pour progresser, et non pour dépasser les camarades de classe. Mettre des mots à la place des notes sera plus approprié.

Article troisième : Les examens restent dans leur principe, sachant que seuls les examens ratés par l’élève sont valables. Ils sont utiles aux professeurs pour évaluer la compréhension des élèves. Mais les diplômes ou les concours comme le baccalauréat sont une perte de temps et sont abolis. Sur tous les frontons des lycées figurera l’inscription : " Que personne ne rentre ici s’il veut préparer des examens. "

Article quatrième : Les grandes écoles (Polytechnique, l’ENA...) sont remises en question dans leur mode de recrutement. La sélection, corollaire nécessaire de la concurrence, et qui régissait l’entrée dans ces établissements, ne produisait que des personnalités conformistes, incapables de créativité et d’imagination. Pour entrer à l’ENA, des jeunes de vingt-cinq ans devaient plaire à des vieux de cinquante ans. Ce n’était pas bon signe.

Article cinquième : Les enseignants n’ont plus le droit de se renseigner sur l’âge de leurs élèves. Les dates de naissances doivent être rayées de tous les documents scolaires, sauf pour le médecin de l’école. Il n’est plus question de dire qu’un enfant est en retard ou en avance, car c’est un instrument de sélection. Chacun doit avancer sur le chemin du savoir à son rythme, et sans culpabilisation ou fierté par rapport aux camarades de classe. Par contre, un professeur a le devoir de demander à l’élève ce qu’il sait faire pour adapter son enseignement, éventuellement programmer un redoublement. Le redoublement est d’une réelle utilité s’il n’a pas de connotation de jugement.

Article sixième : Chaque professeur sera assisté d’un professeur de philosophie. Il faut en effet doubler l’accumulation des connaissances d’une approche par les concepts. Il faut en particulier passer par l’histoire des sciences, resituer les connaissances par rapport aux erreurs historiques d’interprétation des savoirs. Il faut que les élèves aient conscience des enjeux politiques qui se cachent derrière le progrès scientifique. On pourra rester quelques semaines sur un même concept, plutôt que de saupoudrer du savoir dans chaque cours.

Article septième : Le travail des professeurs par disciplines est annulé au profit du travail en équipe. La progression du travail des classes ne doit pas être perturbée par des impératifs de programme.

Article huitième : Chaque personne disposera dans sa vie, vers la fin de la trentaine, de quatre années sabbatiques afin de faire le point, se réorienter, apprendre d’autres choses. Chacun a le droit de vouloir changer de métier ou de vocation, parce qu’il n’est pas évident de se déterminer définitivement à dix-huit ans.

Article neuvième : le ministère de l’Économie ne dictera plus ses besoins au ministère de l’Éducation. Dorénavant, le ministre de l’Économie donnera tous les moyens nécessaires à l’Éducation nationale pour réussir sa vocation.

jeudi, 24 avril 2008

Environnement : Un Grenelle pour rien

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La majorité UMP porte aujourd’hui la responsabilité politique de la remise en cause des promesses faites lors du Grenelle de l’environnement.

 Source : Le Canard Enchaîné du mercredi 23/04/08 – Jean-Luc Porquet

1610471790.jpgVictoire pour les semenciers ! En votant la loi sur les OGM, le Sénat vient de leur donner un feu vert franc et massif. Tous les points litigieux sont réglés. L’amendement Chassaigne est vidé de son contenu, désormais les OGM vont pouvoir être cultivés partout, même dans les régions sensibles à AOC ou label, il sera considéré comme légitime qu’ils contaminent d’autres cultures, même les cultures bio, à hauteur de 0,9% : l’agriculture de haute technologie triomphe, les plantes génétiquement modifiées (pour produire des pesticides ou en absorber sans dommage…) vont enfin arriver en masse dans nos assiettes. Vive le progrès !

Dans son maître livre, «Le système technicien », Jacques Ellul, le seul penseur français qui ait réfléchi en profondeur au « progrès » technique, à sa façon de s’auto accroître en suivant sa propre logique, d’épuiser les ressources naturelles, de renforcer l’Etat qui le renforce à son tour, de transformer en une religion qui ne supporte pas la critique (son dogme : toujours plus de croissance !), de créer de nouveaux problèmes qu’il promet de résoudre grâce à de nouvelles techniques. Ellul, donc, se demande jusqu’à quand durera cette expansion que rien ne semble devoir entraver. Va-t-elle décélérer, ou se stabiliser ? Un jour certainement, le système s’offrira une « stase », un instant de répit, ne serait-ce que parce qu’il se heurte à certaines limites (ressources naturelles en voie d’épuisement, multiplication de pollutions et nuisances, démographie). Mais, qu’en fera-t-il de cette stase ? Va-t-il réellement s’auto corriger ?

Souvenez-vous, pendant le Grenelle, on a entendu le lobby agro-industriel dénoncer une machination infâme : le gouvernement aurait secrètement conclu un accord avec les écolos, selon lequel il sacrifiait les OGM en échange de leur silence complice sur le nucléaire. Faux, évidemment ! Car, non seulement, le grenelle n’a pas une seconde touché au nucléaire (que d’ailleurs le président cherche à vendre à tous les pays visités), mais il débouche sur une victoire totale des pro transgéniques : sur ces deux dossiers emblématiques, les écolos ont perdu. Grâce au Grenelle, nous aurons plus de nucléaire et des OGM partout. Et dans tous les autres domaines, c’est à l’avenant : on allait arrêter de construire des autoroutes ? Celle qui joint Pau et Langon est actuellement en voie de construction ! On allait cesser de const